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Colombie: feu vert pour dénoncer publiquement des présumés agresseurs

Les victimes d'abus sexuels en Colombie pourront publier sur les réseaux sociaux leurs témoignages contre leurs agresseurs présumés, selon un arrêt de la Cour constitutionnelle publié vendredi.

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Ainsi, les dizaines de publications qui apparaissent sur Facebook et autres réseaux sociaux avec le hashtag #acosadorsexuel (agresseur sexuel), accompagnées de photos des agresseurs présumés, pourront donc continuer à être publiés, a estimé la plus haute juridiction du pays.

Pour justifier sa décision, la Cour a jugé que le préjudice que l'agresseur présumé «peut subir du fait de la publication est moindre que le préjudice que la victime subirait» si «la possibilité de dénoncer les faits était limitée».

Cette décision fait suite à la plainte d'un homme, mis en cause par sa partenaire.

La jeune femme avait dénoncé sur Facebook cet ancien partenaire sexuel et camarade de classe à l'université, l'accusant d'avoir abusé d'elle alors qu'elle était dans un «état de faiblesse» en raison de la «consommation d'alcool et d'autres substances».

«C'était une situation très difficile pour moi (...), j'ai mis deux mois à le signaler», a-t-elle affirmé sur sa publication, partagée plus de 200 fois.

L'homme mis en cause affirme de son côté que la rencontre était consensuelle, et a dénoncé une atteinte à son «honneur et à sa réputation», exigeant «le retrait de la publication en question, la rectification des informations qu'elle contient et la présentation d'excuses publiques».

«Préjudice concret» 

La Cour lui a donné tort, en considérant que «les victimes d'un crime ont le droit de dénoncer librement et publiquement les événements qu'elles ont subis». Celles-ci le font sur la base de «leur expérience personnelle», de «l'entière conviction que les événements dénoncés leur ont causé un préjudice concret» et qu'elles «doivent être présumées de bonne foi».

Pour le tribunal, la «condition d'une femme qui aurait été victime de violences sexuelles» mérite une protection «spéciale».

Ce dernier jugement de la Cour vient annuler la décision d'un juge de juin 2020, qui s'était prononcé en faveur du jeune homme mis en cause.

En 2020 en Colombie, 18.054 personnes (dont près de 15 500 femmes) se sont adressées en 2020 à une autorité médico-légale pour des abus sexuels présumés.

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