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Redécoupage électoral à Ottawa: un «test pour Justin Trudeau», selon Legault

Photo Stevens LeBlanc

Aux yeux de François Legault, le redécoupage électoral envisagé par Élections Canada, qui retire au Québec un siège au Parlement, est un «test» pour le premier ministre Justin Trudeau.

«C’est un test pour Justin Trudeau, parce que c’est beau de reconnaitre que le Québec est une nation, maintenant il faut qu’il y ait des conséquences. Je pense que la nation du Québec mérite une certaine représentation à la Chambre des communes, sans égards à l’évolution du nombre d’habitants dans chaque province», a déclaré le premier ministre québécois en point de presse vendredi.

Il ne s’agit pas nécessairement du nombre de sièges, croit-il. «Ce qui est important, c’est le pourcentage de sièges. Que ce soit plus pour tout le monde, ou moins pour tout le monde, ce qui est important, c’est le pourcentage.»

Le Bloc veut une «clause nation» 

À contre-courant de la proposition d’Élections Canada, le Bloc québécois entend proposer une «clause nation» dans la loi qui révisera le découpage de la carte électorale afin de combattre la perte de représentativité du Québec aux Communes.

«L’enjeu, ce n’est pas un siège. C’est le poids du Québec au sein de cette fédération», a déclaré le chef bloquiste Yves-François Blanchet plus tôt vendredi matin.

Celui-ci demande donc que «s’il y a quatre nouveaux sièges, il faut qu’il y en ait au moins un au Québec».

Entrevue avec Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois 

En se basant sur l’évolution démographique, Élections Canada prévoit retirer un siège au Québec, faisant passer le nombre d'élus de 78 à 77, tout en accordant trois circonscriptions de plus à l’Alberta, puis deux autres à la Colombie-Britannique et à l’Ontario, respectivement.

En tout et pour tout, cela fait passer le nombre total de sièges de 338 à 342 en 2024.

La position du Bloc québécois a subtilement évolué depuis jeudi: alors que M. Blanchet disait qu’il était «d’emblée exclu» que le Québec perde du poids, aujourd’hui, «il est exclu que le poids du Québec à l’intérieur du Parlement fédéral fasse autre chose qu’augmenter».

Selon lui, cette proposition se justifie «dans l’intérêt d’une certaine prévalence quand même minimum du français comme une des deux langues officielles, donc dans l’intérêt aussi des francophones à l’extérieur du Québec».

Des réactions prudentes 

À Ottawa, le Bloc Québécois pourra compter sur le Nouveau Parti démocratique (NPD) dans la croisade qu’il compte entreprendre.

«Un redécoupage fédéral qui enlève à la nation québécoise une voix au Parlement, c’est complètement inacceptable! [...] Nous n’allons pas accepter une diminution de la représentativité du Québec au Parlement», a déclaré le député québécois du NPD, Alexandre Boulerice.

Celui-ci a indiqué qu’il allait, avec son chef Jagmeet Singh, se battre «bec et ongles dans les prochains mois» contre la proposition.

Le Parti conservateur s’est aussi manifesté contre la proposition de l’agence fédérale.

«Nous déplorons la perte d’un siège dans l’annonce d’Élections Canada», a fait savoir Gérard Deltell dans une déclaration écrite. «Le Québec doit conserver son nombre de sièges actuel. Nous allons continuer à suivre ce dossier de près.»

Pour l’heure, le gouvernement de Justin Trudeau reste prudent sur la question.

En point de presse jeudi, le premier ministre a dit «entendre très clairement les préoccupations des Canadiens, dont des Québécois».

«On aura beaucoup de temps pour en discuter entre parlementaires et entre Canadiens pour les moments à venir. Il va falloir le faire, mais on veut s’assurer que ce soit fait de la bonne façon [...]», a-t-il ajouté.

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