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Qui sera le plus touché par l'inflation?

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Illustration Adobe Stock

L’inflation fait penser à ce volcan endormi qui rote un peu de boucane de temps en temps, et depuis quelques mois il crachote du feu. C’est l’occasion pour nous, les plus vieux, de nous remémorer les années 1980, comme on raconte la colère du Vésuve qui a englouti Pompéi. Il y a de quoi avoir peur !

C’est vrai que l’impact de l’inflation est on ne peut plus palpable. 

Qui sont les personnes les plus touchées ? Doivent-elles courir se mettre à l’abri ? 

L’inflation composée

Penchons-nous d’abord sur la nature de la « bête » en question. L’inflation est « composée », c’est-à-dire cumulative, comme les salaires et les rendements sur nos placements.

C’est important de prendre cet aspect en considération. L’inflation s’est accélérée au cours des derniers mois, mais du début de la crise sanitaire jusqu’au printemps dernier, elle se faisait vraiment discrète. Tellement qu’elle a été négative par moments, en 2020.

À pareille date l’année dernière, nous avions enregistré une hausse de 0,5 % de l’Indice des prix à la consommation (IPC) au Canada. Aujourd’hui, c’est 4,4 % (5,1 % au Québec). Sur deux ans, donc, la moyenne s’élève à moins de 2,5 % pour le mois septembre. Vu de même, on ne dépasse pas de beaucoup le haut de la cible de la Banque du Canada. 

  • Écoutez le tour des actualités de Philippe-Vincent Foisy et Carl Marchand sur QUB Radio:  

Ça restera plus cher

La majorité des économistes s’entendent pour dire qu’il s’agit d’un phénomène passager dû à la pandémie. Des ruptures dans la chaîne d’approvisionnement mondiale ont provoqué un affaissement de l’offre au moment où la demande a repris de la vigueur.

Si l’inflation diminue comme on le prévoit, les prix ne baisseront pas pour autant. Ça veut simplement dire que dans l’ensemble, ils augmenteront moins vite.

Une question de profil

Qui va ressentir le plus les affres de cette poussée d’inflation ? On pense spontanément aux retraités, aux gens à faibles revenus qui n’ont pas de marge de manœuvre. En fait, c’est plus compliqué que ça. Tout dépend du profil de consommation de chacun.

On évalue l’IPC à partir d’un panier de biens et services, chacun ayant un poids différent dans le calcul. L’essence pèse beaucoup, ceux qui se déplacent en voiture électrique ou à vélo sont moins affectés. Le prix de la viande a bondi, ceux qui en mangent peu ou pas le ressentent moins.

On décèle ici des pistes pour atténuer le choc... D’ailleurs, je vous recommande la chronique de Pierre-Olivier Zappa de samedi dernier au sujet de l’épicerie et je vous rappelle mon texte sur l’essence de mercredi.

Les retraités

Comment les retraités vont pouvoir composer avec ça ? Encore, ça dépend desquels on parle. Pour ceux dont la totalité des revenus provient des régimes publics, rappelons que la pension de la Sécurité de la vieillesse (PSV), le Supplément de revenu garanti (SRG) et les prestations du régime de rente du Québec (RRQ) sont entièrement indexés à l’inflation.

La PSV et le SRG sont révisés chaque trimestre, et le bond actuel des prix va se répercuter à la hausse sur ces prestations à partir de janvier. Quant au RRQ, il est ajusté une fois au début de l’année en fonction de l’IPC moyen sur la période de 12 mois terminée au 31 octobre.

Ceux qui ont des REER et des CELI bien investis, ils n’ont pas trop à se plaindre, les marchés financiers fournissent des rendements bien supérieurs à l’inflation depuis des années.

Ceux qui ont placé leur argent dans les obligations et les CPG, en revanche, ils risquent de manger leurs bas. Déjà, ils s’appauvrissaient chaque année. Ça ne changera pas, sauf que ce sera plus rapide. Une réflexion s’impose sur leurs investissements. Une autre catégorie de retraités qui ne la trouveront pas drôle : ceux dont le régime de retraite n’est pas indexé. Ceux-là aussi encaissent une perte accélérée de pouvoir d’achat. Ils ont deux choix : ajuster leur consommation ou augmenter leurs revenus avec un travail à temps partiel.

Et les autres ?

Habituellement, l’inflation alimente les salaires qui devraient s’apprécier plus fortement que ces dernières années. D’ailleurs, la pénurie de main-d’œuvre offre aux travailleurs un levier de négociation comme ils n’en ont jamais eu. En fait, ceux-là ont moins à craindre l’inflation que la hausse des taux d’intérêt qu’elle provoquera, du moins s’ils traînent une grosse hypothèque. Il n’y a pas de doutes que l’inflation actuelle est éprouvante, c’est un mauvais moment à passer, avant que les revenus suivent.

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