/regional/saguenay

Saguenay: une accusation de meurtre au premier degré pour Éric Gaudreault

L’auteur présumé de l'homicide survenu mardi au centre-ville de l’arrondissement de Chicoutimi, à Saguenay, est maintenant inculpé de meurtre au premier degré.

• À lire aussi: Tristesse et incompréhension à la Maison d’accueil pour sans-abri de Chicoutimi

Éric Gaudreault, 43 ans, avait comparu mardi sous une accusation de meurtre non prémédité. Mais depuis, l'enquête policière a amené de nouvelles informations. Le ministère public est persuadé d'être capable de démontrer sa culpabilité à la plus grave accusation du Code criminel, qui prévoit la prison à perpétuité si le prévenu est reconnu coupable.

«Avec l'avancement de l'enquête et les éléments que l'on m'a apportés, ça m'a amené à porter une accusation de meurtre au premier degré, ce qui nécessite une préméditation, une organisation. Je suis en mesure aujourd'hui de l'établir hors de tout doute raisonnable», a déclaré la procureure du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), Me Marie-Christine Savard.

Vers 3 h dans la nuit de mardi, un homme, qui se nomme aussi Éric Gaudreault, mais âgé de 53 ans, avait été retrouvé au centre-ville après une violente altercation. Les vitrines de deux institutions bancaires avaient été fracassées.

Le travail d'enquête a soulevé de nouvelles preuves sur les gestes commis par l’accusé. Les caméras de surveillance semblent avoir donné des réponses.

«Il y a des interrogations qui ont été faites. Des déclarations qui ont été obtenues, a ajouté Me Savard. Également, des caméras de surveillance. On est sur la rue Racine. Donc, des caméras de surveillance qui nous éclairent beaucoup. Je suis en mesure de vous dire que le geste était prémédité, qu'il était préparé. Donc, planifié. Donc, souhaité.»

Procédure rapide 

Il faut comprendre que quelques instants suffisent pour établir une préméditation et motiver un chef de meurtre au premier degré.

«On n'a pas besoin de s'asseoir chez soi et de rédiger un plan bien arrêté. Ça peut être quelques minutes avant l'acte», a expliqué la procureure du ministère public.

Vendredi, l'accusé a donc comparu sur ce nouveau chef par visioconférence à partir de la prison de Roberval.

Contrairement à mardi, il est resté très calme. Mais son avocat, Me Luc Tourangeau, qui lui a parlé deux fois depuis son arrestation a mentionné que les discussions avec son client ont été compliquées. Gaudreault parlait de roi du monde, de roi de la planète.

«Ce sont des propos qui sont très décousus, a indiqué l’avocat de la défense. Monsieur parle d'armée, parle de gestes commandés par l'armée. Il parlait de façon complètement incohérente avec les policiers qui ont procédé à son arrestation.»

L'avocat estime qu'Éric Gaudreault est apte à comparaître, mais a obtenu qu'un examen psychiatrique soit mené au sujet de sa responsabilité criminelle au moment des faits.

«Je veux m'assurer avec des psychiatres si monsieur comprend bien ce qui se passe», a affirmé Me Tourangeau.

Le juge Richard Daoust a autorisé cet examen psychiatrique réclamé par la défense. Me Savard ne pouvait s’y opposer.

«On va avoir l'éclairage d'un psychiatre s'il était capable de discerner le bien du mal», a mentionné la procureure du DPCP.

Un psychiatre rencontrera Éric Gaudreault dans les prochaines semaines et le médecin donnera son opinion au tribunal, le 19 novembre prochain.

Dans la même catégorie

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.