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Un fils du président haïtien assassiné exilé au Québec

Joverlein Moïse, le fils aîné du président haïtien assassiné en juillet dernier, s’est exilé avec sa famille au Québec, où il a fait ses études et où il travaillait. Il souhaite s’impliquer dans les procédures contre les tueurs de son père, et que justice soit rendue.

Photo Agence QMI, Marc Vallières

Joverlein Moïse, le fils aîné du président haïtien assassiné en juillet dernier, s’est exilé avec sa famille au Québec, où il a fait ses études et où il travaillait. Il souhaite s’impliquer dans les procédures contre les tueurs de son père, et que justice soit rendue.

Exilé au Québec pour sa sécurité, le fils aîné du président d’Haïti assassiné l’été dernier vient de demander à participer directement aux procédures judiciaires afin que tous les auteurs de cet « acte crapuleux » soient punis.

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« Il est impensable que ce geste, qui implique des agents étrangers, reste impuni. Rien ne peut justifier l’assassinat d’un chef d’État », affirme Joverlein Moïse en entrevue au Journal

L’homme de 29 ans s’est réfugié au Québec le 7 juillet, quelques heures après l’assassinat du président d’Haïti Jovenel Moïse dans sa résidence par un commando armé. À ce moment, le fils était à 15 minutes des lieux du drame.

« Il vit, depuis lors, des heures d’angoisses et de tourmente », indiquent ses avocats, dont Me Philippe Larochelle qui se spécialise, entre autres, dans les dossiers de droit international.

Se considérant comme une « cible de choix », Joverlein Moïse a donc pris la fuite d’urgence. Et s’il a choisi le Québec, c’est en raison de ses liens forts avec la nation qui l’a accueilli pour ses études, puis pour le travail. 

Funérailles

« Je suis retourné en Haïti pour les funérailles, mais plus depuis, explique-t-il. Le Québec est une société égalitaire. On est bien, on est en sécurité, on guérit. »

Mais cela ne l’a pas empêché de déposer hier une demande afin d’être désigné « partie civile » dans les procédures contre les assassins de son père. Cela lui permettrait de participer et d’intervenir durant l’enquête, qui a mené à ce jour à des dizaines d’arrestations, dont celle d’un ancien chef rebelle, d’un ex-sénateur et même d’une juge. Il réclame 5 gourdes [6,2 cents en dollars canadiens] symboliques, à être exposées « pour symboliser sa quête de justice en faveur de la famille présidentielle et du peuple haïtien ». « Il souhaite purement et simplement voir le glaive de la justice [...] sévir contre toutes celles et tous ceux qui auront été tenus pour responsables criminellement », indiquent ses avocats dans la demande.

Vision progressiste

Car selon Joverlein Moïse, son père a été assassiné, entre autres, parce qu’il avait une vision progressiste afin de développer le pays.

« Il y a une petite minorité qui profite du chaos et de l’instabilité, dit-il. Mon père était déterminé, il ne voulait pas que le pays replonge dans l’instabilité. »

Joverlein Moïse dit d’ailleurs avoir confiance que justice sera rendue, même si « ça va être long ». 


Haïti est plongé dans une instabilité sociale où se multiplient notamment les enlèvements.

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