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Une formation pour aider les détaillants d’ici à vendre sur Amazon

Le webinaire, organisé par le Conseil québécois du commerce de détail en collaboration avec la Ville de Montréal, devait se dérouler le 16 novembre. À l’animation : l’expert en « place de marché en ligne » Mathieu Poncelet. Ici, des installations montréalaises du géant Amazon.

Photo d’archives, Chantal Poirier

Le webinaire, organisé par le Conseil québécois du commerce de détail en collaboration avec la Ville de Montréal, devait se dérouler le 16 novembre. À l’animation : l’expert en « place de marché en ligne » Mathieu Poncelet. Ici, des installations montréalaises du géant Amazon.

Alors qu’on dit vouloir relancer les centres-villes et on demande aux consommateurs d’acheter local, le Conseil québécois du commerce de détail (CQCD) et la Ville de Montréal proposent d’aider les détaillants d’ici à mieux vendre leurs produits sur le géant Amazon. 

C’est du moins ce qui était dans les plans jusqu’à jeudi midi. Le webinaire baptisé « Comment vendre des produits sur Amazon », prévu pour le 16 novembre, a finalement été annulé après des questions du Journal au CQCD. 

Cet événement devait être animé par « l’expert et consultant senior en place de marché en ligne », Mathieu Poncelet, et visait « à informer les détaillants sur les différentes étapes et les éléments clés pour développer une stratégie gagnante et vendre ses produits sur la place de marché de Amazon ». 

Selon son site Web, Mathieu Poncelet, offre des services « Amazon pour startup », « Amazon pour manufacturiers » et « Amazon pour détaillants ». Il est aussi consultant chez Génération Ecom, expert Amazon et Alibaba. Il n’a pas voulu émettre de commentaire, jeudi. 

Amazon

Capture d’écran tirée du site internet

Le CQCD dit avoir retiré cet événement, car « l’objectif était de parler de l’ensemble des plateformes de vente et non seulement d’Amazon ». 

Dans cette présentation, tous les points à l’ordre du jour avaient toutefois un lien avec le modèle d’affaires du géant américain. 

Certains détaillants d’ici, préférant taire leur nom, ont fait part au Journal de leur malaise face à cette formation. Amazon contrôlerait déjà plus de 40 % des parts du marché du commerce en ligne au Québec, selon le rapport Netendances 2020 de l’Académie de la transformation numérique. 

Dans un sondage publié en 2020 par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), neuf propriétaires d’entreprise sur dix affirmaient que la position des géants du commerce en ligne, comme Amazon, menaçait la survie des PME canadiennes. 

La FCEI a préféré ne pas commenter cette formation offerte par le CQCD en collaboration avec Montréal.  

De son côté, la Ville a indiqué que la conférence «Comment vendre ses produits sur Amazon» ne faisait pas l’objet d’un soutien financier direct. 

«La Ville n’intervient pas dans le détail de la programmation des événements», a répondu la porte-parole, Camille Bégin, confirmant toutefois qu’une contribution financière a été accordée en 2021 au CQCD pour soutenir les différentes activités. 

IQ aussi

En avril 2020, rappelons que le gouvernement Legault avait affirmé que la relance de l’économie devait passer par l’achat local avec sa nouvelle vitrine des produits d’ici, Le Panier Bleu. 

L’an dernier, Investissement Québec s’était également fait reprocher par Québec Solidaire d’aider Amazon en offrant aux entreprises une « Rencontre virtuelle d’acheteurs Amazon Canada » pour « mieux comprendre les procédures d’achat de ce grand distributeur ».  

Selon JoAnne Labrecque, professeure au Département de marketing à HEC Montréal, il est difficile, aujourd’hui, d’ignorer le poids d’Amazon dans le commerce de détail. Elle est d’avis que ce type de partenariat peut permettre à une entreprise d’élargir son bassin de clients, mais à un certain prix. 

« En bout de ligne, on sait que le consommateur compare les prix et il prend le moins cher [...] Oui, c’est vrai qu’Amazon est rendu un mastodonte qui est difficile à concurrencer », concède-t-elle, précisant que l’utilisation de cette plateforme peut toutefois être un couteau à double tranchant. 

« Il faut considérer les coûts et il faut réussir à être visible sur Amazon, ce n’est pas rien. [...] Il y a aussi le comportement éthique. On sait que cette compagnie a ses marques maison. L’autre côté négatif, c’est qu’Amazon garde également vos informations de vente », prévient-elle. 

Ces dernières années, plusieurs pays ont accusé Amazon d’avoir des pratiques anticoncurrentielles, notamment en mettant de l’avant ses marques privées de produits. 

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