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L'essence à 2$ le litre d'ici un an?

Une station-service d’Esso à Fermont affichant l’essence à 1,70 $ le litre.

Photo TVA Nouvelles

Une station-service d’Esso à Fermont affichant l’essence à 1,70 $ le litre.

OPINION | À Fermont, cette semaine, le litre d’essence se vendait 1,70 $. À moins d’un revirement, ce n’est qu’une question de temps avant que ce prix ne soit affiché dans les stations-service de partout au Québec.

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D’ici un an, je vous parie un plein d’essence que nous allons finir par payer 2 $ le litre à la pompe. Pour le conducteur d’une Honda Civic qui roule 20 000 km par année, cela représentera une dépense de 2676 $ en essence par année. De quoi vider rapidement un portefeuille déjà malmené par l’inflation galopante !

Pourquoi le cap du 2 $ le litre approche-t-il à grands pas ? D’abord parce que le prix du pétrole avoisine actuellement les 80 $ le baril, alors que l’essence se vend 1,56 $ le litre à Montréal. Plusieurs prévisionnistes estiment que nous allons finir par toucher les 100 $ par baril très bientôt. Ce bond de 20 $ devrait faire augmenter les prix à la pompe d’au moins 25 cents supplémentaires.

Ajoutez la taxe carbone du fédéral, qui augmentera de 2 cents en 2022. Cette taxe représentera désormais 11,1 cents par litre. Avec ces calculs, nous sommes déjà rendus à 1,84 $ le litre d’essence ordinaire.

À l’échelle du pays, les nouvelles normes sur les carburants propres, qui entreront en vigueur l’an prochain, vont aussi contribuer à faire gonfler la facture. En comptant sur les pétrolières pour maintenir, voire augmenter leurs marges, nous approchons donc les 2 $ le litre.

Encore plus cher ?

Et si le cap des 2 $ était le meilleur des scénarios ? Malheureusement, la loi de l’offre et de la demande pourrait nous jouer de bien mauvais tours. Avec la reprise du transport aérien, le retour au travail et la crise du transport maritime, la demande en carburant va continuer de s’accentuer au cours des prochains mois.

L’offre ne suivra pas la cadence. La pandémie a provoqué un fort ralentissement des projets d’exploration et d’exploitation pétrolière. Il s’agit en soi d’une excellente nouvelle pour la planète. Cependant, les énergies vertes ne représentent pas encore une alternative capable de remplacer le pétrole, tant au niveau du rendement, qu’au niveau de la quantité.

Essayez de mettre la main sur un véhicule électrique ! La majorité des concessionnaires automobiles vous proposeront d’attendre de 3 à 12 mois avant de pouvoir l’obtenir. L’avion de ligne électrique n’existe pas encore. Les premiers navires-cargo électriques débarquent sur le marché avec une autonomie peu satisfaisante. Avec un réseau de bornes encore naissant, le recours au camion lourd électrique demeure marginal. Se sortir du pétrole prend beaucoup de temps, mais on pourrait y arriver plus vite que prévu.

Planète

Seules des interventions gouvernementales, ou une décision de l’OPEP (l’Organisation des pays exportateurs de pétrole) pourraient freiner la hausse des prix du carburant. Si rien n’est fait, et si le prix du baril finit par franchir les 100 $, ou pire les 150 $, inévitablement la course à l’électrification ira en s’accélérant. Tout simplement parce qu’il deviendra plus rentable, financièrement, d’investir massivement dans les énergies vertes.

Sur le coup, cela va faire mal au portefeuille de tout le monde. À long terme, l’essence à des prix record pourrait faire beaucoup de bien à notre planète.

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