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Trudeau va-t-il ôter un siège au Québec à Ottawa?

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Photo d'archives, Agence QMI

François Legault met au défi Justin Trudeau de protéger le poids politique du Québec contre l’avis d’Élections Canada, qui suggère de retirer un siège à la province.

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« C’est un test pour Justin Trudeau, parce que c’est beau de reconnaître que le Québec est une nation, maintenant il faut qu’il y ait des conséquences », a déclaré vendredi le premier ministre du Québec.

Il réagissait ainsi à la proposition d’Élections Canada de retirer un siège à la province francophone, ce qui lui laisserait 77 députés au lieu de 78. L’Alberta, elle, gagnerait trois sièges, tandis que la Colombie-Britannique et l’Ontario en ajouteraient deux.

« Je souligne que c’est une proposition indépendante d’Élections Canada et ce n’est pas une proposition du gouvernement », a réagi M. Trudeau, jeudi, indiquant entendre « clairement » les préoccupations exprimées.

Le redécoupage électoral est effectué tous les 10 ans pour refléter l’évolution de la répartition de la population et assurer un nombre à peu près égal de citoyens par circonscription.

Mais pour François Legault, le Québec devrait conserver une proportion garantie des sièges aux communes « sans égard à l’évolution du nombre d’habitants dans chaque province ».

Suggéré il y a 30 ans

C’est la formule qui avait été proposée en 1992 dans le cadre de l’Accord de Charlottetown, explique le constitutionnaliste et ancien ministre libéral Benoît Pelletier. 

Ce projet avorté de réforme constitutionnelle prévoyait que le Québec conserverait 25 % des sièges aux communes, quoi qu’il arrive.

Mais 30 ans plus tard, M. Pelletier estime qu’il y a bien peu d’appétit pour une négociation constitutionnelle similaire. Or, sans cela, « la perte de poids politique de la province est inéluctable », se désole-t-il.

Dans ce contexte, « la seule carte qu’il reste c’est de conserver le nombre de députés actuels », indique l’ex-ministre.

Comme Stephen Harper en 2011, Justin Trudeau pourrait s’appuyer sur l’argument que le Québec, à titre de minorité nationale fondatrice du Canada, n’est pas une minorité parmi d’autres et mérite donc une protection supplémentaire.

Dans cet esprit, le chef bloquiste a réclamé vendredi qu’une « clause nation » soit insérée dans l’éventuelle loi fédérale qui encadrera la prochaine version de la carte électorale, afin de protéger la province.

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Pour le bilinguisme

Défendre le Québec revient en plus à sauvegarder le français, donc le caractère bilingue du pays. Et bien plus, c’est aussi rendre le fédéralisme attrayant pour les Québécois, un enjeu non négligeable, souligne M. Pelletier.

C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles les quatre provinces de l’Atlantique ont plus de sièges que ce que leur poids démographique commanderait.

Pour toutes ces raisons, « protéger le poids du Québec dans la fédération c’est une question qui devrait dépasser les considérations partisanes », souligne le stratège conservateur Carl Vallée.

Harper avait dit oui

En 2011, l’équipe de M. Vallée avait convaincu M. Harper de gonfler la députation québécoise de 75 à 78 députés, contre l’avis d’Élections Canada, même si le Parti conservateur n’avait rien à y gagner.

Ceci avait cependant ralenti sans stopper le déclin du poids relatif de la province aux communes, puisque le reste du pays avait aussi gagné des sièges, pour un total de 338 députés contre 308.

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