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Des textes de Voltaire vieux de 250 ans trouvés à Sherbrooke

Peter Southam, qui a enseigné l’histoire à l’Université de Sherbrooke pendant 32 ans, a découvert des inédits de Voltaire dans la collection familiale dont il a hérité.

Photo courtoisie, Université de Sherbrooke

Peter Southam, qui a enseigné l’histoire à l’Université de Sherbrooke pendant 32 ans, a découvert des inédits de Voltaire dans la collection familiale dont il a hérité.

Plus d’une centaine de textes inédits de Voltaire ont été trouvés à Sherbrooke après avoir été conservés depuis deux siècles et demi dans la famille d’un historien de North Hatley. 

Ce sont 119 lettres, 48 poèmes ainsi que des centaines de pages de la main de Voltaire et de son secrétaire, ou portant sur lui, qui se trouvaient dans la famille de l’historien Peter Southam et qui ont été numérisés récemment à l’Université de Sherbrooke. 

Voltaire, de son vrai nom François-Marie Arouet, est l’un des plus grands philosophes et écrivains français du 18e siècle.

Ces œuvres seront bientôt disponibles grâce à la Voltaire Fondation de l’Université d’Oxford, en Angleterre. 

Éditrice de référence de l’œuvre de Voltaire, cette fondation vient de publier ses Œuvres complètes, qui comptent plus de 200 volumes. La découverte sherbrookoise apporte de nouvelles pierres à cet édifice.

Le temps est venu

Trois documents de cette collection datant du 18e siècle. Dans la lettre de droite, datée du 6 mars 1765, Voltaire félicite les parents du petit François, qui vient de naître.

Photo courtoisie, Université de Sherbrooke

Trois documents de cette collection datant du 18e siècle. Dans la lettre de droite, datée du 6 mars 1765, Voltaire félicite les parents du petit François, qui vient de naître.

« Il est temps de faire connaître ces textes à travers le monde. Voltaire fait encore l’objet d’un grand intérêt scientifique », mentionne Peter Southam, professeur d’histoire à la retraite.

Lettre Voltaire 3

Photo courtoisie, Université de Sherbrooke

Benoit Melançon, spécialiste du 18e siècle à l’Université de Montréal, mentionne que 3000 ouvrages et articles ont été écrits sur Voltaire depuis 1991, en anglais, en allemand, en espagnol, en italien et en français. 

Lettre Voltaire (2)

Photo courtoisie, Université de Sherbrooke

Pour les Québécois, Voltaire est surtout connu pour un bout de phrase tirée d’une lettre datée de 1756. 

Il y dénonce l’obstination des autorités françaises à poursuivre la colonisation outre-Atlantique « pour quelques arpents de neige en Amérique ».

Peter Southam savait que la collection dont il a hérité au décès de sa mère, Jacqueline Lambert-David, était importante, mais il ignorait que certains manuscrits, à l’encre, sur papier d’époque, étaient carrément inédits.

De petits trésors

Parmi les pièces les plus précieuses de ce trésor figure un dossier sur lequel Voltaire s’est penché en 1760 quand le fils de son horloger a été sauvagement battu par des hommes de main d’un curé. 

Outré par ce geste, l’écrivain a publiquement pris le parti du jeune homme.

La vie de Southam elle-même tient du roman. Il est né à Londres durant la Deuxième Guerre mondiale, en 1943. Sa mère, française, s’était éprise d’un soldat de l’armée canadienne.

Après la guerre, la famille a vécu en Europe. Du côté maternel, elle possédait le château de Ferney, située en Auvergne-Rhône-Alpes, la résidence de Voltaire. C’est là que les manuscrits ont été gardés jusqu’à leur déménagement en Estrie, dans les années 1990.

Qui est Voltaire ?   

  • François-Marie Arouet, dit Voltaire, est né à Paris le 21 novembre 1694.   
  • Il est le plus connu des écrivains, scientifiques et philosophes du siècle des Lumières (17e siècle), marqué par les Baruch Spinoza, John Locke et Isaac Newton.    
  • Anticlérical et antimonarchiste, fasciné par la science, il combat l’obscurantisme et la superstition.   
  • C’est aussi un homme d’affaires prospère qui fait fortune grâce à la vente d’armes. Il acquiert en 1759 le château de Ferney, près de la Suisse, où il tient salon et produit une bonne partie de son œuvre jusqu’en 1778. Cette année-là, il retourne à Paris, où il meurt le 30 mai.   
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