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L’épicerie aussi coûteuse que l’hypothèque?

Minerva Studio - Fotolia

Dimanche soir dernier, lors d’un souper de famille pendant lequel les discussions animées s’enchainaient, nous avons abordé le sujet du coût exorbitant du panier d’épicerie. Il me semble que peu importe les efforts pour tenter d’amoindrir la facture, on ne s’en sort jamais en dessous de 250-300 $ par semaine pour les trois adultes que nous sommes à la maison.  

Ceci en allant au Costco pour réaliser des économies d’échelle, en fréquentant des distributeurs grossistes de produits maraîchers et en nous rendant directement au marché d’une importante famille d’agriculteurs pas trop loin de la maison. Malgré le fait que nous cuisinons tout nous-mêmes, que nous achetons peu ou pas de produits déjà préparés et que nous portons attention aux spéciaux, rien à faire, on doit se rendre à l’évidence, l’alimentation monopolise une grande partie de nos revenus. 

Toujours plus cher

Ce montant hebdomadaire, quoi que déjà bien assez élevé à mon goût, peut grimper rapidement dès qu’on se met à recevoir pour des soupers entre amis et famille. Je ne remets pas en question le fait de dépenser pour créer des moments et des soirées entre nous, au contraire c’est un des grands plaisirs de la vie que de bien manger en bonne compagnie, mais je questionne bien plus la proportion grimpante du coût du panier d’épicerie dans nos budgets familiaux. 

En échangeant avec ma famille, nous réalisons qu’en règle générale, nous payons autant en épicerie que pour nos hypothèques respectives. Cette réalisation m’a choqué. Je me suis dit que soit nous avions tous un grave problème de « magasineux » d’épicerie compulsifs, ou sinon, plus probablement et tristement, nous ne devons pas être les seuls à faire ce constat dernièrement. 

En discutant avec mes collègues de bureau sur cela, je me suis rendu compte que pour bien des gens et leurs familles, l’épicerie coûte autant, sinon plus cher que leur loyer ou de leur remboursement hypothécaire mensuel. Tout cela, sans prendre en compte les petits « take out » à la va-vite et une fois de temps en temps les soupers au restaurant. 

S’il en va ainsi pour ma famille, mon entourage et mes collègues, qu’en est-il des autres familles québécoises? Mais, au-delà de nous rendre compte que nous sommes plusieurs dans cette même situation que je trouve exagérée, trouvez-vous cela normal de payer autant pour simplement vous nourrir que pour vous loger et investir dans le milieu de vie que représente votre chez-vous? 

Un fossé de plus en plus grand

Je n’ose imaginer l’effet destructeur de cette hausse en alimentation pour les familles aux revenus plus modestes et dont les salaires ne progressent pas au rythme débilitant de la flambée locative, de l’explosion du prix des maisons, et du prix de l’essence à un niveau record. Il se créé actuellement un fossé de plus en plus grand entre les riches et les moins bien nantis, phénomène accentué rapidement par la pandémie. J’ai peur de la précarité qui se généralise dans nos familles qui luttent quotidiennement pour joindre les deux bouts. 

D’honnêtes travailleurs dans différents domaines de notre société ne réussissent même plus à assurer les besoins minimums de leur famille. Pour ma part, je trouve déplorable et frustrant la situation économique de plus en plus difficiles à assumer pour plusieurs. 

À l’ère des ultra-riches et de leurs paradis fiscaux, de la proportion grandissante de la richesse dans les mains d’une minorité, qu’est-il fait concrètement pour rétablir l’équilibre et assurer aux Québécois une vie décente? 

GEN - JONATHAN LÉPINE

Photo MARTIN ALARIE

Jonathan Brisebois-Lépine, Bachelier en Travail social et détenteur d’un B.A.A. Prévost

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