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C'est confirmé, le Québec est en «fatigue pandémique»

Ce n’est pas un secret, après plus de 20 mois, les Québécois sont lassés d’entendre parler de pandémie. Une étude de l’Université de Sherbrooke menée auprès de plus de 10 000 personnes le confirme : avec la surmédiatisation de la COVID-19 et les besoins constants de se plier aux efforts, la province est en fatigue pandémique.

Quoi qu’on en dise, ces deux facteurs amènent une certaine pression au quotidien. Et même si elle soutient que les habitants de la Belle Province sont «bons» dans leurs efforts, la Dre Mélissa Généreux croit que «le port du masque et le passeport vaccinal» ont récemment chamboulé nos vies un peu plus.

«Comme l’Organisation mondiale de la santé le dit, la fatigue pandémique elle une réaction normale. C’est même attendu dans un contexte où la crise n’a pas fini de finir», a souligné lundi la professeure et chercheuse en santé publique à l’Université de Sherbrooke, au TVA Nouvelles de midi.

Quelles sont les conséquences d’un tel épuisement?

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«Ce que notre étude démontre, c’est que lorsqu’on souffre de fatigue pandémique avec plusieurs éléments de fatigue liés à l’information et au comportement, on est épuisé à un niveau assez important. On parle de la moitié de la population. 

«Pour cette moitié, au niveau de la santé psychologique, ça vient jouer négativement. Il y a plus de risque d’anxiété, plus de dépression. On voit même des problèmes de concentration au travail ou de sommeil. Tout ça vient jouer sur le moral.»

Fatigue et désinformation : la vaccination écope     

Autre conséquence, selon la Dre Généreux, les personnes plus éreintées par le climat de pandémie seront possiblement enclines à baisser leur garde et moins se plier aux consignes sanitaires. 

«Par exemple, faire vacciner leur enfant ou continuer à porter le masque. Ç’a des impacts même au niveau des faits et gestes.»

Ironiquement, on pourrait penser que les parents qui en ont marre d’entendre parler de COVID-19 seraient les premiers à vouloir faire vacciner leurs enfants. Or, ce serait l’inverse selon la Dre Généreux.

«C’est l’inverse. On est fatigué et on arrête de s’informer de la bonne façon. On arrête d’aller fouiller sur internet auprès des sources fiables et on finit par se fier sur les discussions de corridor. 

«On est craintif et on n’a pas le goût de prendre de risques pour notre enfant, quand dans les faits, si on avait la bonne information, on s’apercevrait que c’est la meilleure chose à faire.»

«Tendances complotises» en hausse?     

Cela signifie-t-il que certains pourraient se convertir à des «tendances complotistes»?

«Nos données l’ont démontré : les parents les plus fatigués adhèrent plus facilement aux tendances complotistes.»

À savoir si le stress et la fatigue pandémique ont des répercussions sur le long terme, la Dre Généreux croit qu’il est prématuré pour l’affirmer, mais elle voit des signes précurseurs.

«Oui, c’est ce que je pense. C’est juste un premier pas vers une série d’études et enquêtes qu’on doit faire. L’adversité chronique se traduit par de la fatigue pandémique, mais éventuellement tout ce stress chronique auquel on a été contraint peut se traduire par beaucoup d’autres choses.

«Il va falloir être très vigilant par rapport à ça.»

Enfin, Dre Généreux rappelle l’importance de se serrer les coudes entre amis et proches, puisqu’on ne sait quand la pandémie sera chose révolue.

«Il faut avoir un entourage prêt à accueillir (nos états d’âme) pour vraiment reconnaître que ce n’est pas facile. Il ne faut pas rester seul.»

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