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Legault prêt à pénaliser des médecins de famille

Le premier ministre François Legault souhaite utiliser les chiffres de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) et la Loi 20 pour imposer des pénalités aux omnipraticiens qui ne prennent pas assez de patients, une démarche qui est remise en question par des médecins de famille.

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«Là, on a eu les chiffres, enfin de la RAMQ, pour chaque médecin. Et là, on sait quel médecin prend en charge un bon nombre de patients. Puis là, il faut interpeller les médecins qui n’acceptent pas de se responsabiliser, puis de prendre en charge des patients parce qu’on est la province qui a le plus de médecins de famille per capita», a mentionné le premier ministre.

Le gouvernement Legault préfère une entente négociée, tout comme la Fédération des médecins omnipraticiens, mais leurs positions sont opposées pour le moment.

«Le discours du gouvernement s’appuie sur des chiffres, mais qu’on regarde de façon très, très macro, sans faire une analyse fine, sans vraiment analyser ce que font ces médecins-là concernés. Mais dans les faits, sur le terrain, la grande majorité des médecins de famille travaillent déjà beaucoup trop», a souligné le docteur Louis Godin, président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec.

Régler l’accès à un médecin de famille est une promesse de 2018 que François Legault voudrait bien réaliser.

«Un message difficile à avaler» 

Les médecins ont toutefois remis en doute l’approche du gouvernement.

«C’est un peu difficile à croire, nous qui revenons post-pandémie, puis de se faire dire qu’on est des paresseux. Ça reste difficile un peu à avaler comme message», a mentionné la docteure Emmanuelle Huchet, médecin à la Clinique L’Agora, à Montréal.

Le nombre de patients ne serait pas la meilleure manière de calculer la productivité parce que chaque individu est unique et vient pour des problèmes qui peuvent être très complexes, selon elle.

«Je vous donne un exemple. Il y a un problème de santé mentale, il y a une dépression: je ne peux pas passer 15 minutes et je vais probablement le revoir toutes les semaines, le temps qu’il soit stabilisé pour m’assurer qu’il va mieux. Si on demande de suivre autant de patients, il faut nous donner les ressources qui vont avec», a souligné la spécialiste.

Écoutez la rencontre Abedfadel-Vallières au micro de Philippe-Vincent Foisy sur QUB Radio:

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