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Saguenay: un sondage pour comprendre les répercussions de la pandémie chez les jeunes

Un questionnaire a été envoyé aux parents des élèves de l’école secondaire Charles-Gravel du secteur Chicoutimi-Nord, à Saguenay, pour tenter de comprendre quelles sont les répercussions exactes de la pandémie chez les jeunes.

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L’initiative a été lancée par des intervenants de l’établissement, en collaboration avec le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Près de 1600 questionnaires ont été expédiés, représentant alors une première au Québec.

Des impacts négatifs sur les jeunes avaient souvent été avancés quant à leur façon de vivre cette pandémie.

«Il y a une perception de l'augmentation de l'anxiété, de l'irritabilité, des symptômes de dépression chez les jeunes», a rappelé Catherine Habel, médecin spécialiste en santé publique et en médecine préventive au CIUSSS.

Mais il y a également d’autres aspects plus positifs qui avaient été perçus.

«Des jeunes qui sont contents de faire du parascolaire. Les jeunes qui sont contents que le sport recommence», a indiqué Louise Grandisson, travailleuse sociale à Charles-Gravel. «Il n'y a rien de pire que de manquer une réponse aux besoins pour te rendre compte que tu en avais vraiment besoin.»

Pas seulement à l'école 

Mais au-delà de la perception, la question reste à savoir s’il est possible de connaître réellement les répercussions de la pandémie sur la santé mentale des jeunes, et pas seulement à l’école.

«On ne sait pas vraiment comment la pandémie a affecté leur façon de vivre au quotidien. Est-ce que ça a affecté leur alimentation, leur activité physique, leur sommeil?», a admis la docteure Habel.

Le sondage expédié aux parents des élèves comporte ainsi 20 questions sur le comportement de chacun de leurs enfants depuis six mois, portant aussi bien sur les habitudes de travail, les dépendances, la consommation, le sommeil, l’alimentation, que l’activité physique et les relations.

L’école a décidé de frapper à la porte du CIUSSS pour instaurer ce questionnaire. Élèves et intervenants seront aussi consultés dans une autre étape.

«Le but ciblé est de savoir: qu'est-ce qu'on pourrait faire pour appuyer ces jeunes qui pour la plupart ont bien répondu, avec une certaine résilience. Mais pour certains, c'est plus difficile d'adaptation», a affirmé Louise Grandisson.

«Ils veulent des réponses ces jeunes-là. Valider ce qu'ils vivent, si c'est normal. lIs travaillent plus. Ils travaillent plus tôt parce qu'il y a une pénurie de main-d’œuvre. Qu'est-ce qu'on fait? Est-ce qu'on s'en va là-dedans? Est-ce qu'on priorise ça?», a-t-elle poursuivi.

Le processus aidera à comprendre davantage ce que vivent ces adolescents dans leur vie personnelle.

«Il ne faut pas juste aller au niveau de l'école, mais il faut impliquer les parents, impliquer la communauté pour savoir qu'est-ce qu'on peut faire en synergie. Pour vraiment avoir un impact sur la santé des jeunes», a estimé Catherine Habel.

Soutenir les jeunes 

Des moyens seront proposés pour soutenir les jeunes une fois que la photo complète de la situation sera obtenue.

«C'est bien important de bien comprendre les enjeux avant de poser les actions. Sinon, on pourrait aller dans toutes les directions. Ce qu'on veut, c'est mettre toutes nos énergies ensemble à la bonne place pour faire une différence», a ajouté la docteure Habel.

L'expérience pourrait d’ailleurs servir dans d’autres écoles, mais avec des adaptations locales.

«La démarche va être proposée à l'ensemble des écoles de la région, progressivement, au cours de l'année. Mais le résultat qui en découle, on s'attend à ce qu'il varie entre les écoles justement parce que l'on prend en considération la réalité des jeunes, des familles et de la communauté», a précisé Catherine Habel.

Les intervenants à l'école secondaire Charles-Gravel ne veulent pas perdre de temps, alors que les premières pistes de solution et des façons d’intervention pourraient être proposées aux élèves dans quelques semaines.

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