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CHSLD Herron: «On a fait de notre mieux avec ce qu’on avait»

CHSLD Herron

Photo d’archives, Chantal Poirier

Une gestionnaire du réseau public ayant pris la relève au CHSLD privé Herron a témoigné pour une deuxième fois lundi aux audiences publiques du coroner pour défendre son bilan, alors que les résidents restaient affamés et déshydratés.  

« On a fait de notre mieux avec ce qu’on avait », a affirmé Brigitte Auger, alors directrice responsable des CHSLD au CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal. 

Elle fait partie des gestionnaires rappelées à témoigner devant la coroner Géhane Kamel, qui a dit être « restée sur sa faim » quant aux réponses obtenues en septembre après trois semaines d’audiences. Cette dernière doit faire la lumière sur les circonstances entourant les 47 décès survenus au printemps à ce CHSLD privé. 

Pas que des gestionnaires

Mme Auger s’est notamment défendue d’avoir envoyé seulement d’autres gestionnaires sur place en renfort dès le 30 mars, qualifiant plutôt le personnel d’ « infirmières chevronnées ». Mais ce n’est qu’une semaine plus tard que des services ont été délestés dans le réseau, permettant d’envoyer des employés syndiqués. 

Plusieurs témoins entendus le mois dernier ont répété avoir continué de voir des résidents déshydratés, mal nourris ou sales pendant plusieurs jours après l’arrivée du CIUSSS, qui avait mis l’établissement sous tutelle. 

D’ailleurs, un courriel de la propriétaire du Herron, Samantha Chowieri, daté du 4 avril, soulevait ces lacunes dans les soins aux résidents. Cette dernière réclamait une rencontre avec la coordonnatrice du CIUSSS sur place. 

Or, Mme Auger, qui travaillait de la maison, a dit n’avoir jamais été mise au courant et s’est dite étonnée que Mme Chowieri ne lui en ait pas parlé. 

La propriétaire s’était aussi dite écartée d’une « cellule de crise » pour gérer le CHSLD lors de son témoignage. Mme Auger a convenu qu’elle « aurait pu » inviter Mme Chowieri à l’une de ces rencontres. 

Selon Mme Auger, le CIUSSS n’avait pas non plus sous-estimé les appels à l’aide de la propriétaire pour du personnel. Mais ce n’est que lorsque les responsables des trois différentes portes où elle avait cogné se sont réunis, qu’ils ont réalisé l’urgence de la situation. 

Elle a souligné que la situation était « très précaire » au CHSLD Herron, car il ne disposait que de la moitié de la main d’œuvre nécessaire même avant la pandémie. 

La PDG du CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal, Lynne McVey, doit aussi témoigner une deuxième fois aujourd’hui. 

Dur de faire une plainte

Plus tôt dans la journée, l’ex-commissaire aux plaintes embauchée au CHSLD Herron, Marie Amzallag, a témoigné, illustrant les obstacles rencontrés dans ses fonctions. 

Elle a affirmé n’avoir jamais obtenu d’adresse courriel ou de ligne téléphonique dédiée pour recevoir les plaintes des résidents ou de leurs proches. Seule une « boîte à plaintes » près de la réception était à leur disposition. 

Mme Amzallag n’avait pas non plus été informée de la démission en bloc des membres du comité des usagers quelques mois avant son arrivée. Finalement, cette dernière n’a reçu que deux plaintes durant son mandat, ne décelant pas de problèmes majeurs.

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