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La boss des urgences quitte en plein mandat

La Dre Élyse Berger Pelletier quittera son poste au ministère de la Santé, vendredi. On la voit ici en 2017 lors de consultations.

Photo d’archives, Simon Clark

La Dre Élyse Berger Pelletier quittera son poste au ministère de la Santé, vendredi. On la voit ici en 2017 lors de consultations.

La médecin chargée de diminuer l’attente dans les pires urgences du Québec quitte son poste au ministère, juste au moment où s’amorcent les travaux pour réduire les délais dans les hôpitaux.

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La Dre Élyse Berger Pelletier, directrice générale adjointe des urgences et du préhospitalier, a annoncé son départ il y a deux semaines au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). La raison demeure nébuleuse. 

« C’est vraiment une grosse perte. Les deux bras me sont tombés », réagit le Dr Gilbert Boucher, président de l’Association des spécialistes en médecine d’urgence du Québec.

« Elle a mis en lumière beaucoup de problématiques. [...] Il ne faut pas que le projet tombe », s’inquiète la Dre Judy Morris, présidente de l’Association des médecins d’urgence du Québec.

Écoutez l'analyste en politiques publiques, Patrick Déry avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio: 

Depuis un an, la Dre Berger Pelletier était responsable de l’équipe STAT (soutien, transformation, accès, terrain). Le défi était grand : trouver des solutions pour réduire les longs délais d’attente dans les 25 pires urgences de la province. 

Récemment, chaque hôpital s’est vu remettre un rapport sur les problèmes constatés, et les objectifs à atteindre d’ici un an. Des rapports obtenus par Le Journal montrent des lacunes troublantes dans la gestion, dans plusieurs départements. 

« Il faut que les gens apprennent à travailler différemment », avait dit la Dre Berger Pelletier.

« Comme un message » 

Par ailleurs, Judy Morris se demande si ce départ est lié au sérieux virage requis pour améliorer les choses dans les urgences. 

« Est-ce qu’il y avait une ouverture à ce que ces changements-là soient mis en place ? » demande-t-elle, ajoutant que ce départ doit être vu « comme un message ».

« Il faut que les ressources suivent, que ce soit priorisé et que ça vienne de très haut au ministère. [...] Le gros test, ce sont les six prochains mois. Il faut que les gens soient imputables », dit-elle.  

L’urgentologue quittera son poste au MSSS vendredi, pour retourner travailler à l’urgence de l’hôpital de Lévis. Elle a refusé de commenter son départ au Journal.

Au MSSS, on refuse de donner la raison du départ, mais on se dit confiant de trouver son remplaçant rapidement.

« Les travaux du groupe STAT sont une priorité pour le MSSS, et ceux-ci se poursuivront selon l’échéancier prévu », écrit-on.


L’urgence et les soins intensifs de l’Hôpital de Lachine, à Montréal, seront uniquement ouverts de jour à compter du 8 novembre en raison d’un manque d’effectifs.

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