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Les six candidats à la mairie de Saguenay ont croisé le fer

Six candidats à la mairie de Saguenay ont croisé le fer en participant à un premier vrai débat mardi.

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Pour la première fois depuis le début de la campagne électorale, les candidats se sont affrontés devant le Cercle de presse du Saguenay, dans une formule qui permettait des échanges entre eux.

Certains ne se sont pas gênés pour lancer des flèches envers la conseillère sortante, Julie Dufour, ainsi qu’envers la mairesse sortante, Josée Néron.

Dès l’ouverture, Catherine Morissette est passée à l'attaque: «La question à l'urne de l'une des dix plus grandes villes du Québec portera réellement sur un aréna, un carnaval ou 1000 logements?», s’est demandé la candidate indépendante, faisant référence aux engagements des deux élues sortantes.

Pour sa part, Julie Dufour a fait allusion au ton de la mairesse depuis une dizaine de jours, soit depuis que Mme Dufour a été identifiée comme la favorite dans un sondage. «Je ne sais trop pourquoi, mais certains candidats sont devenus plus préoccupés à critiquer mes idées qu'à défendre leur bilan», a-t-elle lancé.

La première étincelle est survenue quand le projet de Serge Simard d’attirer une nouvelle aluminerie à Saguenay a été discuté.

M. Simard a défendu son intention même si le ministre québécois de l’Économie, de l’Innovation et du Développement économique régional, Pierre Fitzgibbon, a accueilli froidement cette idée.

Il a rappelé la réussite d’un projet que certains avaient aussi critiqué par le passé. «J'ai connu un ministre régional qui a dit que l'autoroute du parc, ça n'existerait pas, c'était impossible, infaisable, etc. Aujourd'hui, elle est faite», a-t-il riposté.

Sur cette question, la mairesse sortante et cheffe de l’équipe du renouveau démocratique (ERD), Josée Néron, a contesté le projet de Serge Simard. «De penser diviser notre monde des alumineries, pour moi, ce serait inefficace», a-t-elle plaidé.

Julie Dufour a abondé dans le même sens: «On a déjà une aluminerie. On a le droit de rêver, mais pas d'en inventer».

Ensuite, le chef d'Unissons Saguenay, Claude Côté, a pris la défense du transport en commun qui comptabilise 4,7 millions de passages par année dans ses autobus.

«Si on coupe dans la STS (Société de transport du Saguenay), on vient de sonner l'arrêt de mort de notre service public», a déclaré le chef du nouveau parti politique.

Sur un autre sujet, Julie Dufour a été invitée à réagir à une publication ciblant Josée Néron apparue sur Facebook la semaine dernière. Mme Néron avait interpellé Julie Dufour étant donné que la publication reprenait son slogan de campagne #On le fait.

«Je ne suis pas la police des réseaux sociaux. Ce qui est un peu étonnant, c'est qu'on met ça sur la faute des adversaires», a dit Julie Dufour.

Catherine Morissette est alors intervenue: «Les gens qui intimident sur les réseaux sociaux ont tous le même ashtag (mot-dièse). C'est à nous les candidats de faire preuve de maturité et d'avertir les gens sur Facebook».

Julie Dufour lui a répondu: «je suis d'accord avec vous. Je me répète, pas de violence. On fait ça dans le respect, mais je ne suis pas la police du #On le fait».

Leadership

La question du leadership a ensuite fait monter le ton d'un cran, particulièrement entre mesdames Néron et Dufour.

«Il y avait une personne qui est une des candidates, ici, qui avait un plan de match pour pouvoir devenir une adversaire», a accusé la cheffe de l’ERD. Elle a aussi reproché à Mme Dufour de mener un parti occulte à Jonquière en raison de ses appuis obtenus auprès de conseillers indépendants.

Julie Dufour a répliqué en affirmant: «qu’un leadership, c'est d'être capable de rassembler, ce n'est pas consulter pour imposer».

La conseillère indépendante a ajouté que le refus du budget de 2019 était un bel exemple de division. «Le budget de 2019 qui a été un refus de tous les indépendants autour de la table qui n'étaient pas pognés avec une ligne de parti, qui avaient besoin de vous dire qu'ils avaient besoin d'être écoutés, a insisté Julie Dufour. Quand ça fonctionne bien, c'est juste l'ERD avec trois droits de vote, mais quand ça ne va pas bien, c'est l'autre ensemble des élus.»

Josée Néron a haussé le ton. « Mme Dufour, vous avez voté contre la rénovation du pont vert, contre la rénovation de l'aéroport, contre l'amphithéâtre, contre le budget de 2019. Comment pouvez-vous dire que vous n'étiez pas là pour contrer mon leadership?», a-t-elle questionné.

Prenant la balle au bond, le candidat Serge Simard a utilisé cette prise de bec pour illustrer à quoi ressemblaient les quatre dernières années au conseil, selon lui. «Ces deux personnes-là n'arrêtent pas de se «coltailler». C’est une chicane qui n'en finit plus. Il faut que l'on règle ça, c'est-à-dire que l'on fasse du changement. Ces deux personnes-là n'ont plus d'affaires là», clame-t-il.

Les chefs des deux partis, ERD et Unissons Saguenay, n’ont pas digéré qu'on attaque leur formation politique. «C'est comme si, parce que vous êtes indépendante, vous êtes la pureté politique», a riposté Claude Côté à Julie Dufour.

La dernière candidate à s’être ajoutée à cette campagne, Jacinthe Vaillancourt, a aussi dirigé une flèche en direction de la conseillère sortante, au sujet de l’un de ses engagements.

«Promotion Saguenay, si on veut mobiliser le monde, je pense qu'il faut éviter que soi-même, on décide de changer le nom», est-elle d’avis.

Mme Vaillancourt a indiqué que les électeurs pouvaient compter sur son expérience de mentor au sein des entreprises, notamment comme ancienne vice-présidente de la Banque nationale. «Je suis très forte en finance. Il y a un ménage à faire à ce niveau-là», a-t-elle fait valoir.

Le dernier point abordé au débat, à savoir si Saguenay avait vraiment été fusionnée, 20 ans plus tard?

Catherine Morissette a l’impression que: «la fusion administrative est faite, mais la fusion de tête n'est pas encore faite. Ce n'est pas à grands coups de chicanes et de cassettes qu'on va réussir», a-t-elle affirmé.

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