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Nombre inquiétant de photos intimes échangées dans les écoles

«Il y a des victimes au bout de ça», explique la sexologue Myriam Le Blanc Élie.

Photo Pierre-Paul Poulin

«Il y a des victimes au bout de ça», explique la sexologue Myriam Le Blanc Élie.

Un adolescent sur cinq à l’école secondaire aurait déjà reçu l’image intime d’une personne qui n’y consentait pas, révèle une étude qui plaide pour plus de sensibilisation auprès des jeunes.

« Ça témoigne du fait que les jeunes ne saisissent pas bien les impacts de faire circuler ça, a indiqué Myriam Le Blanc Élie, sexologue et chargée de projet à la Fondation Marie-Vincent. Il y a des victimes au bout de ça. »

La Fondation a recueilli ces données auprès de 800 élèves de cinq écoles secondaires du grand Montréal, en 2018, en marge d’un projet sur la prévention des violences sexuelles chez les jeunes.

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Aujourd’hui, Mme Le Blanc Élie craint que ce ne soit que la pointe de l’iceberg, d’où l’importance de sensibiliser les élèves. Parce que le partage d’une photo intime peut suivre indéfiniment une victime, rappelle-t-elle. 

« Le fait que ce soit en ligne, qu’il y ait des traces qui restent, il y a un potentiel de se sentir revictimiser chaque fois qu’on revoit l’image, si quelqu’un nous en reparle », soutient la sexologue.

Des conséquences au quotidien sont à prévoir, telles que des « difficultés de concentration, un syndrome de stress post-traumatique. On peut avoir des enjeux au niveau de l’estime de soi, avoir de la difficulté à faire confiance aux autres », a soutenu Myriam Le Blanc Élie.

Écoutez la rencontre Dutrizac-Dumont au micro de Philippe-Vincent Foisy sur QUB Radio:

Pendant ce temps, la popularité des photos intimes se fait bien sentir. Marie-Vincent avance que 36 % des adolescentes se sont déjà fait demander une photo nue ou à connotation sexuelle. 

« C’est tellement courant que ça en vient à être banalisé pour les jeunes qui n’auraient pas encore envoyé de photos », a souligné Myriam Le Blanc Élie.

Dès le début du secondaire  

Et pour sensibiliser les adolescents, l’organisme privilégie l’éducation par les pairs pour atteindre les plus jeunes. 

« Avant la COVID, on mettait en place des comités avec les secondaires 3-4-5, après ce sont eux qui allaient faire de la prévention auprès des secondaires 1-2, parce que les jeunes sont plus réceptifs [entre eux] », illustre Stéphanie Gareau, directrice générale de la Fondation Marie-Vincent.

Des formations sont aussi offertes aux intervenants des écoles pour mieux les outiller.

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