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Pour avoir du soutien à domicile qui a de l’allure

Jeff Begley

Photo courtoisie

Le Québec est un cancre en matière de soutien à domicile. Non seulement on ne répond pas aux besoins de la population, mais en plus on ne le fait pas de la bonne manière. Le discours d’ouverture de la nouvelle session parlementaire montre que le gouvernement veut agir sur cet enjeu cher aux personnes en perte d’autonomie. Mais aura-t-il le courage de nous sortir du cul-de-sac dans lequel le Québec s’est engouffré?  

Depuis trop longtemps, nos gouvernements ont choisi de se désinvestir du soutien à domicile. C’est le privé qui s’est vu confier la tâche d’augmenter l’offre de services. Après des années de cette médecine, on peut maintenant affirmer que si ça fonctionnait, on le saurait ! C’est maintenant près de 30 % des heures de soutien à domicile qui est fait par le privé et ça augmente sans cesse, comme le montre une récente étude d’Anne Plourde, chercheuse à l’IRIS. Et ce n’est pas sans conséquence. La pandémie nous a bien montré ce que ça donne quand l’État n’a pas de contrôle sur l’offre de services. Le cas des CHSLD privés a tristement montré qu’il faut choisir un nouveau chemin en santé. 

Offre de services  

C’est la même chose pour le soutien à domicile. Avec une offre de services si disparate et où le privé joue une place centrale, il est impossible pour l’État de s’assurer de la qualité de services. C’est pourquoi un rehaussement des heures de soutien à domicile doit aussi venir avec une vision différente. 

Une vision qui place les CLSC et le personnel du secteur public à son cœur. C’est uniquement en misant sur une équipe interdisciplinaire sous l’égide des CLSC qu’on parviendra à donner le niveau de services demandé par les usagères et usagers. Et c’est aussi la seule manière d’ajuster les services en cours de route pour leur permettre de rester à la maison le plus longtemps possible. 

Il est urgent de rehausser le financement dédié au soutien à domicile, comme de mettre fin au manque à gagner des établissements publics du réseau de la santé et des services sociaux causé par les années d’austérité. La moyenne des pays de l’OCDE investit 1,7 % de leur PIB dans les soins de longue durée contre seulement 1,3 % pour le Québec. Dans un récent article d’Ariane Lacoursière de La Presse, l’exemple du Danemark permet de constater qu’investir dans le soutien à domicile est un investissement payant. Au Québec, la majeure partie des investissements dans les soins de longue durée est pourtant dédiée à l’hébergement. 

Conséquence  

Rester à la maison, c’est ce que souhaite la vaste majorité des personnes en perte d’autonomie. Mais ce financement ne doit pas aller vers le privé qui continue de sous-payer les travailleuses. La conséquence est un taux de roulement incroyable qui laisse les usagères et usagers dans le trouble. La stabilité est ce que l’on doit viser à offrir aux personnes en perte d’autonomie. Et la seule manière d’y arriver, c’est d’intégrer l’offre de services dans notre réseau public. 

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