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Des artères sauvées par l’achat local

Marc-Olivier Gendron, propriétaire de Vegâteau, sur l’avenue du Mont-Royal, explique que son commerce accueille beaucoup de clients du quartier, mais aussi d’ailleurs à Montréal. Mélissa de Repentigny, qui est acheteuse pour les boutiques Olam, sur la rue Saint-Denis, se désole de voir cette magnifique artère montréalaise péricliter.

Photos Olivier Bourque et courtoisie

Marc-Olivier Gendron, propriétaire de Vegâteau, sur l’avenue du Mont-Royal, explique que son commerce accueille beaucoup de clients du quartier, mais aussi d’ailleurs à Montréal. Mélissa de Repentigny, qui est acheteuse pour les boutiques Olam, sur la rue Saint-Denis, se désole de voir cette magnifique artère montréalaise péricliter.

L’appel du gouvernement invitant les gens à encourager les détaillants d’ici semble s’être fait ressentir à travers les artères commerciales du Québec, dont plusieurs affichent une bien meilleure mine qu’à pareille date l’an dernier avec la pandémie.

« Je pense que nous avons pris conscience ces derniers mois de l’importance de nos commerces de quartier », répond au Journal Christian-Pierre Côté, copropriétaire de la firme d’évaluation Côté Mercier Conseil Immobilier.

Cette dernière a analysé la santé d’une soixantaine d’artères commerciales en tenant compte de leur taux d’inoccupation. Les rues étudiées vont du Saguenay–Lac-Saint-Jean, en passant par Québec et Trois-Rivières, jusqu’à Montréal. 

Alors qu’on a longtemps craint les fermetures de commerces, cette saignée ne semble pas s’être produite, du moins, pas encore. Au Québec, le taux d’inoccupation des espaces commerciaux est de 5,5 %. 

« Durant la pandémie, en 2020, nous avons vu monter de 1 %, voire même 2 % ou 3 % l’inoccupation des locaux. C’est quand même un phénomène qu’on ne voit pas souvent. Cela a été généralisé », analyse au Journal M. Côté.

L’évaluateur agréé estime toutefois qu’en « dopant » l’économie avec des programmes d’aide, les gouvernements ont permis à certains commerçants de se retrouver dans une position « plus enviable » que l’an dernier. Ce qui fait que certaines artères commerciales sont même plus en santé qu’en 2019.

La 3e Avenue à Québec

Dans la capitale nationale, le taux moyen de locaux libres sur les artères commerciales se chiffre à 5,9 %. Il était de 6,2 % en 2019 et de 7,4 % en 2020.

C’est de nouveau la 3e Avenue (1,1 %), à Limoilou, qui remporte le titre d’artère la plus achalandée par des commerces. À l’inverse, la rue Saint-Joseph (7,6 %), où le Groupe Mach possède plusieurs propriétés, et le boulevard Wilfrid-Hamel (7,6 %) se retrouvent en queue de peloton. 

« Je n’ai rien pour me plaindre, franchement, je ne sais pas quel genre de vague qu’on vit, c’est encore meilleur qu’avant. On fait de très bonnes affaires depuis la fin de l’été. Il y a plusieurs beaux commerces ici et les gens aiment venir pour faire leur magasinage », a affirmé au Journal Louis Lefebvre, propriétaire de l’enseigne Chez Lefebvre, située sur la 3e Avenue.

Selon Côté Mercier, les artères qui ont les meilleurs résultats ont souvent des commerces « connectés avec leurs clients [fleuristes, boulangeries, fruiteries, restaurants de quartier] » et la demande de leur quartier. Le copropriétaire de la firme d’évaluation immobilière ajoute que lorsqu’un taux d’inoccupation dépasse 6 % ou 7 %, « il est temps de se poser des questions ».

Jarry Est à Montréal

Dans la métropole, les rues Jarry Est (0 %) et Masson (0,8 %), le boulevard Newman (2,4 %) et l’avenue du Mont-Royal (2,9 %) sont les plus en santé du point de vue de la location.

« Ça fait six mois que nous sommes ici, avant nous étions au centre-ville. Et c’est vraiment intéressant. On a plus de visibilité, il y a du trafic, c’est facile de se stationner. On profite d’une belle synergie et on a beaucoup de clients locaux, mais aussi qui viennent d’autres quartiers et même de Toronto », avance Marc-Olivier Gendron, propriétaire de Vegâteau (Mont-Royal).

Les affaires sont toutefois plus difficiles sur la rue Saint-Denis (10,6 %) qui affiche l’un des pires taux à travers la province. 

« Ça fait depuis 2000 que nous sommes ici. C’était une rue magnifique, pleine de restos. Mais maintenant, la rue est morte malheureusement. On a eu des travaux, une fois, deux fois. Et la piste cyclable est le coup de couteau final », croit Mélissa de Repentigny, acheteuse chez les boutiques Olam. « On pense même déménager et aller ailleurs. Est-ce que ça vaut la peine de rester ici ? Nous sommes les derniers Mohicans. C’est vraiment triste ce qui se passe ici », poursuit-elle.

Précisons que l’étude de Côté Mercier ne tient pas compte de la rue Sainte-Catherine. La firme dit avoir préféré la retirer de son analyse en raison des nombreux travaux et de l’impact sur les commerçants.

Les artères commerciales au Québec sont principalement composées de restos (23,8 %), de commerces de détail (40 %) et d’espaces à bureaux (25,4 %).

Pour les prochains mois, le récent resserrement des critères des programmes d’aide aux entreprises, comme la subvention salariale, et la fin de certains programmes pourraient avoir un impact sur l’achalandage dans les rues commerciales. 

Les artères commerciales de Montréal en 2021   

  • Moyenne du taux d’inoccupation : 4,3 %  
  • Rue Ontario Est : 4,0 %  
  • Avenue du Mont-Royal : 2,9 %  
  • Boulevard Saint-Laurent : 3,7 %  
  • Avenue Saint-Viateur : 3,6 %  
  • Rue Saint-Denis : 10,6 %  
  • Rue Masson : 0,8 %  
  • Plaza St-Hubert : 6,5 %  
  • Rue Fleury : 3,1 %  
  • Chemin de la Côte-des-Neiges : 4,3 %  
  • Rue Monkland : 4,9 %  
  • Rue Jarry Est : 0,0 %  
  • Rue Jean-Talon Ouest : 3,3 %  
  • Rue Jean-Talon Est : 4,5 %  
  • Boulevard Newman : 2,4 %  
  • Boulevard Maurice-Duplessis : 5,9 %   

Source : Côté Mercier Conseil Immobilier

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