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Un candidat de Démocratie Québec qui cumule les infractions impayées expulsé

Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

Un candidat de Démocratie Québec qui cumule au moins 25 billets d’infractions impayés depuis 2011 totalisant plus de 10 000$ a également reçu un constat en août 2020 pour avoir injurié un agent de police de Québec s’est vu montrer la porte par son chef Jean Rousseau. 

Bertrand de l’Epinay s’est fait connaître à l’été 2019, alors qu’il était gérant du Portofino à Ste-Foy, comme la voix des commerçants de la route de l’Église aux prises avec d’importants travaux de réfection. L’homme de 33 ans avait défendu avec verve les propriétaires contre l’administration Labeaume qu’il estimait peu à l’écoute.   

Des prises de position qui ont incité l’équipe de Jean Rousseau, Démocratie Québec, à le recruter comme candidat pour le district du Plateau. 

Photo Stevens LeBlanc

Infraction à répétition  

Sauf que le candidat traine avec lui un lourd passé en infractions au Code de la sécurité routière et aux règlements municipaux qui sont de surcroit impayés, et ce depuis 10 ans. S’ajoutent aussi trois infractions criminelles pour conduite avec les facultés affaiblies, une sommation pour ne pas s’être présenté en cour sans excuse légitime et des appels téléphoniques harassants qui ont cependant tous été réglés. 

Par exemple, M. de l’Epinay n’a toujours pas payé son amende pour avoir été arrêté le 11 janvier 2011 à Québec seul au volant alors qu’il était apprenti conducteur. Plusieurs infractions pour conduite sous sanction alors qu’il n’avait pas payé une amende s’additionnent depuis avril 2011, la dernière en lice s’étant produite aussi récemment que cet été. Dans tous les cas ces dossiers sont actifs, donc impayés au greffe municipal de Québec.  

S’ajoute également une infraction au règlement municipale survenue le 15 août 2020 pour avoir injurié un agent de la paix qui n’a toujours pas été payée 14 mois plus tard et qui revient devant un juge le 10 novembre prochain. «Souvent lorsqu’on peut être persécuté ou quoi que ce soit, arrêté à terre oui il y a des fois où on peut mal réagir», s’est défendu le candidat questionné par le Journal. 

Six infractions à Magog  

Son passage à Magog en mai 2018 a notamment été coûteux, bien qu’il n’ait encore acquitté aucune de ces amendes. Quatre infractions ont été émises le 24 mai pour vitesse excessive, pour ne pas avoir son permis de conduire [en main], être apprenti conducteur sans être accompagné, et conduite pendant sanction.  

Huit jours plus tard, toujours à Magog, il était de nouveau arrêté pour conduite pendant suspension. Au greffe de la cour municipale de Magog on indique avoir envoyé un avis de non-paiement d’amende à la SAAQ pour qu’il suspende son permis de conduire en mars 2019. Une ordonnance pour qu’un huissier lui remette les factures en souffrance ont été émises, mais celui-ci n’ont pas trouvé d’adresse valide.   

À Québec, un avis de non-paiement d’amende à la SAAQ a également été émis, cette fois en avril 2019. Dans les deux cas, ces dossiers sont toujours actifs de sorte que M. de L’Epinay doit plus de 10 000$ en infractions impayées.  

Permis de conduire  

Au cours des dernières semaines, des journalistes du Journal ont observé le candidat de Démocratie Québec se présenter en voiture à des conférences de presse pendant la campagne électorale en cours. Lorsque questionné sur la validité de son permis de conduire, M. de l’Epinay a été flou. 

«J’ai eu des infractions qui ont enlevé mon permis, mais c’est entrepris», a-t-il dit. «J’ai eu des laisser-aller certes, mais c’est réglé», s’est-il défendu en affirmant avoir pris des ententes de paiement.  

M. de L’epinay, mécontent, a fait valoir qu’il s’agissait «d’attaques personnelles», avant d’expliquer la situation dans laquelle il se trouvait à cette époque. «Il y a aussi une grande dépression reliée à ça. Je n’ai pas un parcours conventionnel, mais je pense que je m’en suis très très bien tiré et c’est ça que je veux mettre de l’avant». 

Il assure d’ailleurs que son chef, Jean Rousseau est au courant de ses difficultés en ce sens. «Je n’ai rien à cacher à ce niveau-là sauf que je n’aime pas en parler sur la place publique, je reviens extrêmement de loin», assure-t-il.  

Démission  

Appelé à réagir, le chef de Démocratie Québec Jean Rousseau a dit que cela illustrait «un manque de sens des responsabilités» de la part de son candidat. 

«Je viens de lui demander de démissionner parce que je ne peux pas cautionner de tels comportements», a-t-il adjugé.