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[VIDÉO] Retrait du célèbre numéro 4: de touchantes retrouvailles pour Guy Lafleur

Guy Lafleur a reçu l’honneur ultime, jeudi, en voyant son chandail no 4 être officiellement retiré par la LHJMQ. Vulnérable, émotif et, surtout, fidèle à lui-même, le Démon blond a tout de même refusé de prendre tout le crédit pour l’héritage qu’il a laissé à la LHJMQ.

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Dix anciens coéquipiers de Lafleur avec les Remparts étaient au Centre Vidéotron pour être témoins de ce moment historique, soit André Savard, Michel Deguise, Richard Grenier, Bill Landers, Yves Lacrois, Yvon Blais, Réjean Giroux, Paul Dion, Michel Brière et Serge Gaudreault.

Un geste qui a profondément touché Lafleur.

« Sans eux, je ne serais pas là. Les Remparts, ç’a été un travail d’équipe, on était une famille. Il y avait énormément de fierté et d’appartenance. Aujourd’hui, de pouvoir faire des événements comme ça et de retrouver autant d’anciens qui ont joué avec moi ça prouve une chose... », a-t-il commencé avant d’être étouffé par un sanglot.

« L’équipe se tient encore », a-t-il conclu, les larmes aux yeux.

Plusieurs personnalités dont le président de la LHJMQ Gilles Courteau et le maire de Québec Régis Labeaume entre autres ont rendu un vibrant hommage à Guy Lafleur qui a vu son numéro 4 être retiré par la LHJMQ.

Photo Stevens LeBlanc

Plusieurs personnalités dont le président de la LHJMQ Gilles Courteau et le maire de Québec Régis Labeaume entre autres ont rendu un vibrant hommage à Guy Lafleur qui a vu son numéro 4 être retiré par la LHJMQ.

  • Écoutez la chronique de Jean-Charles Lajoie avec Benoît Dutrizac sur QUB Radio:   

« Ça change le mal de place » 

Pendant la soirée, le Démon blond a essuyé quelques larmes.

Photo Stevens LeBlanc

Pendant la soirée, le Démon blond a essuyé quelques larmes.

Les traitements que subit Lafleur à l’heure actuelle l’affaiblissent considérablement. Peu importe, toutefois : il n’était pas question qu’il rate la soirée de jeudi.

« C’est Guy Lafleur, c’est lui. Il n’y a pas d’autres mots, a mentionné le commissaire de la LHJMQ Gilles Courteau. À Gatineau il y a quelques semaines, il m’avait dit qu’il ferait tout en son possible avec son équipe médicale pour être ici. Il m’avait même dit à la blague que s’il fallait qu’il vienne en chaise roulante, il allait le faire. Pour lui, c’était vraiment important. »

Au cours de la cérémonie, Guy a reçu un cadre évoquant son illustre passage chez les Remparts des mains de Martin Tremblay, chef  de l’exploitation du groupe Sports et divertissement Québecor et du capitaine des Remparts Théo Rochette.

Photo Stevens LeBlanc

Au cours de la cérémonie, Guy a reçu un cadre évoquant son illustre passage chez les Remparts des mains de Martin Tremblay, chef de l’exploitation du groupe Sports et divertissement Québecor et du capitaine des Remparts Théo Rochette.

D’ailleurs, il a reconnu que la journée de mercredi où on a dévoilé l’œuvre d’art à son image à la place Jean-Béliveau, ainsi que la soirée de jeudi, agissent comme un baume sur une période difficile.

« Ça change le mal de place. Ça change les idées. C’est un peu un retour aux sources pour moi. Il ne faut jamais oublier d’où l’on vient et il ne faut pas oublier où on s’en va. Pour moi, c’est un honneur d’être ici. »

Support de partout  

Quebec

Photo Stevens LeBlanc

Une chose est sûre : même si ça fait plus de 50 ans que Guy Lafleur a terminé son stage avec les Remparts, Québec ne l’a pas oublié. La foule du Centre Vidéotron lui a réservé un hommage de près de cinq minutes lorsqu’il s’est présenté sur la patinoire pour l’hommage qu’on lui rendait.

À de nombreuses reprises, les amateurs ont scandé des « Guy ! Guy ! Guy ! » en chœur.

Plusieurs personnalités ont ensuite pris le micro pour lui rendre hommage : du maire sortant Régis Labeaume à André Savard, en passant par le premier ministre François Legault qui avait enregistré une vidéo pour féliciter le nouvel immortel de la LHJMQ.

Quebec

Photo Stevens LeBlanc

Patrick Roy a lui aussi pris la parole et a livré une savoureuse anecdote de l’époque où il a côtoyé Guy Lafleur lors de leur carrière de joueur.

« J’avais 19 ans et c’était la première fois que j’arrivais dans le vestiaire du Canadien au Forum. J’étais un peu intimidé et nerveux. Je vais m’asseoir à mon casier [...] j’avais la tête penchée et je regarde à ma gauche et je me dis : “tabarnac, c’est Guy Lafleur !”. Je me suis penché la tête à nouveau et je me suis dit que je n’étais plus sur mon banc d’école ! »

Il a par la suite blagué en disant que Lafleur avait probablement pris sa retraite en 1984 après que Roy a été retourné dans les rangs juniors puisqu’il « n’avait plus le plaisir de lancer sur moi durant les pratiques ! ».

« J’étais sûr qu’il était pour me faire payer la note, a-t-il poursuivi. Guy fait un retour avec les Rangers de New York et il arrive au Forum. Évidemment, en deuxième période, Guy Lafleur a marqué deux fois. Je peux vous dire que ce soir-là, c’est pas moi qui ai fait un clin d’œil, c’est Guy Lafleur qui m’en a fait un ! » 

Plus que le talent  

André Savard, ex-coéquipier de Guy Lafleur

Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean

André Savard, ex-coéquipier de Guy Lafleur

André Savard a été aux premières loges des exploits de Guy Lafleur avec les Remparts de Québec. Il assure une chose : rien de ce qu’il a accompli n’a été réussi qu’avec son talent. Savard avait été mandaté parmi les dix anciens coéquipiers de Lafleur
pour prendre la parole lors de la cérémonie d’hier. Pour lui, il n’était pas question de rater ce moment.

« C’était très important pour moi. C’est Guy Lafleur ! On a tous suivi sa carrière après les Remparts et c’est une histoire à succès. C’est un grand talentueux, Guy Lafleur, mais tu ne deviens pas une idole seulement par le talent. C’est un gars de caractère, déterminé et fier de réussir devant ses partisans. Pour lui, c’était important. Ce n’est pas automatique de devenir si grand et si bon. C’est de la persévérance, du travail et beaucoup de fierté. »

Populaire grâce à Guy 

Savard se rappelle très bien de l’impact qu’avait Lafleur dans la ville.

« Dans les médias, Guy avait toujours soit son titre, soit son sous-titre dans l’un des trois journaux de la ville. On était couverts dans les journaux comme le Canadien et on était très populaire parce qu’on avait une grande vedette et de très bons joueurs. 

« On a commencé, il y avait 4000 personnes dans les estrades et en séries, il y avait 13 000 avec des gens assis dans les marches. Ça chantait et l’ambiance était extraordinaire. Même après 50 ans, on se souvient de ces moments. »

Lui aussi un membre-clé de l’édition gagnante de 1971, Savard n’a pas souffert d’avoir joué dans l’ombre du no 4, a-t-il assuré à un confrère qui lui posait la question.

« Je n’ai pas souffert du tout, c’était mon ailier droit ! Il ne faut pas oublier que mon match de 12 pts, je jouais avec Guy Lafleur. Tu en profites, quand tu joues avec lui. Il faut reconnaître ce qu’il apportait à l’équipe et on est embarqué derrière lui. C’était extraordinaire de vivre ce qu’on a vécu. » 

Triste 

Celui qui a entre autres occupé les fonctions de directeur général du Canadien pendant trois saisons n’a par la suite pas caché sa peine quant à l’état de santé de Guy Lafleur.

« C’est triste qu’il vive ça actuellement. On n’aime pas ça pour personne. Là, ça arrive à Guy Lafleur. [...] Il n’était pas obligé d’être ici, mais c’est ça, Guy. Il redonne aux gens qui l’ont aimé. Ce soir, il redonne aux gens qui l’ont adulé. C’est un grand effort pour lui d’être ici. »

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