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Controverse autour du bambin autochtone adopté par Chrétien

Jean Chrétien a affirmé à Tout le monde en parle que personne ne lui avait parlé des sévices infligés aux enfants autochtones.

Capture d’écran courtoisie, Radio-Canada

Jean Chrétien a affirmé à Tout le monde en parle que personne ne lui avait parlé des sévices infligés aux enfants autochtones.

Jean Chrétien a adopté un bambin autochtone en 1970 au moment où des milliers d’enfants étaient retirés de force à leur famille, même si son ministère avait en main un rapport qui décriait cette pratique.

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Les Chrétien ont adopté un bambin de 18 mois à l’orphelinat d’Inuvik, dans les Territoires du Nord-Ouest, en 1970. Ils l’ont appelé Michel.

C’était au début du premier mandat de M. Chrétien comme ministre des Affaires indiennes. Son objectif était de « donner l’exemple », a-t-il dit à Tout le monde en parle, dimanche.

« Ça prouve mon attachement à ce problème-là », a-t-il insisté avant de dire qu’on ne lui avait « jamais » mentionné les sévices dont étaient victimes les enfants autochtones dans les pensionnats.

À son biographe Lawrence Martin, il avait déjà déclaré en 1995 que « personne » ne lui avait dit « que c’était un gros problème de prendre des Indiens » à leur famille.

Jean Chrétien a répondu, en 1969, à une enseignante qui le priait de protéger les petits pensionnaires de Sainte-Anne.

Capture d'écran courtoisie, CBC

Jean Chrétien a répondu, en 1969, à une enseignante qui le priait de protéger les petits pensionnaires de Sainte-Anne.

Pourtant, lorsqu’il est devenu ministre en 1969, son bureau avait en main un rapport produit par le travailleur social George Caldwell sur le système de prise en charge des enfants autochtones. 

La principale recommandation de ce document daté de 1967 que Le Journal a pu consulter était qu’au lieu de retirer les enfants de leur communauté, l’État devait fournir les ressources nécessaires pour laisser les enfants avec leurs parents ou, quand ceci était impossible, tout faire pour leur trouver des foyers autochtones.

Rafle des années 60

Pour appuyer sa recommandation, M. Caldwell documente les effets dévastateurs de l’arrachement des enfants à leur famille, leur perte d’identité et les conséquences sur leur développement.

Michel Chrétien, qui est retourné vivre avec sa mère biologique à l’âge de 23 ans, a lui-même connu plusieurs démêlés avec la justice, notamment en raison de crimes sexuels, en plus de souffrir de diverses dépendances.

Quelque 20 000 enfants ont été retirés à leurs parents et placés en adoption dans des familles blanches dans le cadre de ce qu’on appelle aujourd’hui la Rafle des années 60, qui a perduré jusqu’aux années 80.

Correspondance

Peu avant d’adopter un bambin à Inuvik, M. Chrétien avait en plus correspondu directement avec une enseignante du pensionnat de Sainte-Anne, en Ontario, qui l’avait prié d’intervenir pour protéger les enfants.

Le 6 février 1969, d’après une lettre obtenue par CBC, le ministre lui écrit personnellement qu’il a pris connaissance de la situation via « un rapport complet » et lui assure : « nous sommes au fait des problèmes qui existent à cet endroit et nous faisons ce que nous pouvons pour les corriger ».

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