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La bataille de la santé : c’est le patient orphelin qui doit gagner

Nous voici donc à nouveau, impuissants spectateurs d’un débat de titans entre le gouvernement et les médecins de famille. Il est intéressant de réaliser, en prenant connaissance de l’actuelle couverture médiatique, qu’on nous offre une description détaillée d’un match de lutte entre le gouvernement et les omnipraticiens. Que la pression de Québec « choque » ces derniers est une chose. Mais, où se situent les 880 000 citoyens sans médecin de famille dans cette bataille et dans la couverture qu’on en fait?  

Plusieurs omnipraticiens sont des apôtres. Toute leur vie a été dédiée à la tâche parfois ingrate de s'assurer de la santé des patients dont ils ont la responsabilité. Aujourd'hui, l'âge de la retraite a sonné et plusieurs d'entre eux vont tirer leur révérence. On peut toutefois se demander si le serment d’Hippocrate a la même valeur pour tous ceux et celles qui exercent présentement. 

Combien sont ceux qui, comme l'étaient autrefois nos médecins de famille, ne regardent pas l'horloge ni le calendrier et se donnent sans compter au service de leurs patients malades? Les récents bulletins de nouvelles nous donnent à penser qu'une proportion quand même importante de nos « docteurs » a plutôt profité des augmentations salariales récemment consenties par le gouvernement sans donner en retour l'effort additionnel attendu. 

Un vrai parcours du combattant  

Plusieurs, parmi mes relations, mes amis, ma famille, ont eu la désagréable surprise d'apprendre, souvent à la dernière minute, que le médecin auquel ils font confiance depuis tant d'années a décidé de se prévaloir du droit légitime qu’il a de prendre une retraite justifiée et surtout bien méritée. 

Évidemment, c’est là que débute pour le patient un parcours du combattant. Bien sûr, les pharmaciens peuvent dans une certaine mesure compenser, en renouvelant des prescriptions qui sont trop vite arrivées à leur terme, le temps que le patient régularise sa situation et déniche une nouvelle perle rare. Mais s’il s’agit d’autre chose, si vous devez absolument voir un médecin pour vous faire rassurer et obtenir le traitement approprié pour un mal qui vous ronge, vous allez sûrement vous reconnaître dans l'histoire que je vous raconte ici. 

Vous avez de jeunes enfants malades, vous vous êtes accidentellement blessé ou découvrez un symptôme inquiétant récemment apparu. Inquiet, vous voulez savoir ce qui en est, et surtout obtenir un traitement approprié pour vous soulager ou vous faire rassurer. 

Votre premier réflexe sera peut-être de vous retrouver à l'urgence d'un l'hôpital. Si tel a été votre cas, vous avez sûrement appris que l'attente pouvait être longue. Très longue... Vous réalisez que ce n'est pas vraiment la solution. C’est certain que vous vous jurez qu’on ne vous y reprendra pas et que la prochaine fois, vous allez plutôt tenter de visiter votre clinique médicale locale, les « sans rendez-vous », alors que les gouvernements vous ont tant vanté les GMF, les groupes de médecine familiale. 

Vous ne le savez pas encore mais une autre bataille vous attend, même si vous êtes inscrit en bonne et due forme au GMF où pratiquait votre ex-médecin de famille et que vous deviez procéder en « sans rendez-vous ». Vous apprendrez rapidement que déjà la liste des rendez-vous du jour est complète. Étonnant quand même puisqu’on parle ici de « sans rendez-vous ». 

Et votre enfant tousse toujours autant de façon inquiétante, sa fièvre monte ou encore le pied que vous vous êtes blessé la veille vous fait toujours mal. Il y a maintenant 2 jours que vous supportez la douleur en attendant d'en parler à un médecin et, en bon citoyen, vous ne voulez pas retourner à l’urgence prendre la place d’un « vrai » blessé. 

Cela a assez duré  

Et pourtant c'est d'une confrontation entre omnipraticiens et gouvernement dont on nous parle aujourd'hui dans les médias, comme s'il s'agissait d’un match entre deux lutteurs professionnels. Les médias ne sont-ils pas en train de tirer sur la mauvaise cible? Alors que la FMOQ verse avec véhémence toutes les larmes de crocodile de son corps, crie à l’injustice, et que le gouvernement hurle à la trahison du serment d’Hippocrate, on parle peu des véritables victimes de ce bras de fer, des patients comme vous et moi qui ont perdu leur médecin de famille. 

Cette mauvaise pièce de théâtre a assez durée! De grâce, cessez de vous livrer à un combat public et assurez-vous de régler au plus vite un dossier qui a trop duré. Derrière des portes closes favorisant un débat plus serein, dans le cadre d'une négociation empreinte de sérénité, dans la recherche efficace et rapide d’une solution durable, allez négocier pour le bénéfice du patient citoyen payeur de taxes que nous sommes. Celui qui doit sortir gagnant de cette confrontation c'est le patient orphelin, celui qui vote et surtout, celui qui paie ses impôts, les salaires des médecins et qui s'attend à avoir un service correspondant en retour de la part de « son » gouvernement. 

opinions - lettre ouverte - Richard Thibault, président de RTCOM

photo courtoisie

Richard Thibault, président de RTCOMM, entreprise spécialisée en gestion des risques – crises

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