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Hausse inquiétante des bronchiolites: intubés à quelques semaines de vie

Ludo, un bébé de deux mois, lutte depuis deux semaines contre une bronchiolite causée par le virus respiratoire syncytial. 

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«Il avait commencé à couler du nez, puis trois jours après, il a commencé à être blanc, mou. Il n'avait plus de tonus. Alors, j'ai consulté à l'urgence de Val-d'Or, puis après trois jours, son état se dégradait, alors on a été transféré ici, à Montréal, au Children», raconte sa mère, Geneviève Lajoie. 

Le nourrisson n’est pas le seul dans cette situation. Les médecins constatent une hausse inquiétant des cas virus respiratoire syncytial chez les bébés. 

À l’Hôpital de Montréal pour enfants, la majorité des lits aux soins intensifs sont occupés par un nourrisson atteint d’un virus respiratoire.

«On a 11 patients sur les 16 qui sont affectés de virus respiratoires. Ce sont des patients qui sont sous ventilation mécanique, soins non invasifs -on connaît le CPAP, le BiPAP-, et certains sont intubés et ventilés», explique Maryse Dagenais, infirmière en chef aux soins intensifs de l’Hôpital de Montréal pour enfants.

Un effet pervers de la pandémie   

Cette augmentation des cas, observée depuis le mois d’août, serait lié à la pandémie de COVID-19. 

En raison des importantes mesures sanitaires mises en place afin de lutter contre la pandémie, les bébés et leurs mamans n’ont pas été exposés progressivement aux virus respiratoires comme le sont habituellement 90% des enfants de moins de 2 ans. 

«Quand ils attrapent leur première infection, c'est là qu'il y a le plus de risques que le virus passe des voies respiratoires supérieures et descende dans les poumons. Le Québec a été le plus durement touché, jusqu'à présent, et ça commence à être vu en Ontario», soutient Le Dr Jesse Papenburg, infectiologue et microbiologiste à l’Hôpital de Montréal pour enfants. 

Comment attrapent-ils ces virus?    

Le virus respiratoire syncytial s’attrape de la même façon que tous les autres virus en général.

La petite Chloé, qui a trois semaines et demie, a attrapé le virus de ses frères. 

«Elle a deux grands frères, donc possiblement que ça vient d'eux. Eux aussi étaient malades, par contre, c'était pas mal plus faible», mentionne sa mère, Marie-Christine Cyr. 

Les parents ont d’ailleurs eu très peur pour leur nouveau-né. 

«Il y a eu une anesthésie générale qui a été faite pour aller voir au niveau des cordes vocales, au niveau de la gorge, pour voir s'il n'y avait pas autre chose qui était endommagé ou, en fait, s'il y avait des problèmes liés à tout ça», détaille le père de Chloé, Jonathan Dubé. 

À seulement un mois, Ophélie, hospitalisée à l’Hôpital de Montréal pour enfants, a aussi contracté un virus respiratoire d'un membre de la famille. 

«Elle a eu une bronchiolite. C'est sa soeur qui l'a ramenée de la garderie. Donc, elle a dû être intubée assez rapidement, puis on a été transférés ici pour avoir des soins plus spécialisés», dit sa mère, Amélie Jean, qui trouve très difficile de ne pas pouvoir prendre sa fille comme elle le veut. 

Les décès causés par le virus respiratoire syncytial sont heureusement très rares.

Avec l’arrivée de l’hiver et de la saison de la grippe, les équipes pédiatriques demeurent tout de même sur le qui-vive. 

- d’après les informations d’Harold Gagné

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