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La pandémie nous a rendus plus riches... sur papier

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Desjardins vient de publier un rapport selon lequel la COVID-19 a eu un effet bénéfique sur nos finances.

Tous les indicateurs se sont améliorés au cours des 12 premiers mois suivant le début de la pandémie, à l’exception des dettes hypothécaires. Les milliards $ en aide du fédéral combinés à l’impossibilité de consommer des services (voyages, divertissements, restaurants, etc.) ont généré un niveau d’épargne jamais vu.

Ces liquidités ont été canalisées en partie vers l’immobilier et le marché des actions. Résultat : on est plus riches. Combien plus riches ?

Tout le monde en profite 

Hélène Bégin, économiste principale chez Desjardins, convient d’emblée qu’il restera toujours des ménages sur qui le mauvais sort va s’acharner. De façon générale toutefois, elle note que les gens dans toutes les tranches de revenus ont vu leur situation évoluer dans le bon sens depuis le début 2020.

« Durant la pandémie, les personnes les plus vulnérables sont parvenues à payer leurs dettes, du moins en partie », indique Mme Bégin. Les soldes sur les cartes de crédit sont en baisse partout au Canada, y compris au Québec.

Les Québécois moins endettés... 

Ces statistiques sont corroborées sur le terrain. Un expert en insolvabilité signalait récemment que ça tournait au ralenti chez les syndics, le volume d’affaires de sa firme panquébécoise ayant fondu de 40 % depuis l’arrivée de la COVID-19.

Ainsi, les Québécois traînent un solde de marge de crédit plus bas que les gens de partout au pays, à l’exception des provinces de l’Atlantique. C’est ici que la moyenne des prêts personnels, utilisés pour acheter des biens durables comme les voitures, est la moins élevée.

... et moins riches 

L’adage dit « qui paie ses dettes s’enrichit ». La réalité semble plus complexe. Bien que ce soit en Ontario et en
Colombie-Britannique que les gens sont, et de loin, les plus endettés, c’est dans ces deux provinces que les épargnants présentent les bilans les plus élevés.

On calcule le bilan en soustrayant la valeur des dettes de la valeur des actifs. Or, en 2020 du moins, le prix des maisons, le principal actif de la grande majorité des monsieur et madame Tout-le-Monde, s’est accru plus vite ailleurs au Canada. Les actifs financiers (actions, obligations et autres titres) s’apprécient partout au même rythme, mais les Québécois en détiennent moins et semblent investir de manière plus prudente (ceci expliquant en partie cela).

À la fin de 2020, la valeur nette des Québécois, en moyenne, s’élevait à 291 000 $ (+23,2 % par rapport à l’année précédente), derrière celle des Ontariens (673 000 $ — +36,2 %) et des Britanno-Colombiens (703 515 $ — +33,7 %).

Moins vulnérables au Québec ? 

Cet écart de richesse s’explique entre autres par les maisons. Pendant qu’ici on s’émeut de la flambée du marché immobilier qui sévit depuis deux ans, le phénomène a des airs de rengaine dans les grandes régions de Toronto et de Vancouver. Là-bas, l’accès à la propriété représente un problème nettement plus aigu qu’à Montréal, où on estime déjà la situation préoccupante.

Partout, l’augmentation de la valeur des actifs constitue sans doute une bonne nouvelle pour les personnes qui les détiennent. De Saint-Lambert à Waterloo en passant par Burnaby, des ménages réalisent soudainement qu’ils sont millionnaires !

Pour les exclus, même débarrassés de leurs dettes de consommation, joindre le club semble un défi de plus en plus insurmontable. On peut se consoler ici où il reste encore moins exigeant qu’ailleurs.


La prudence est de mise   

La reprise des activités économiques incite à la dépense. La hausse de l’inflation invite d’un autre côté à la prudence. Sans se restreindre comme on l’a fait aux premiers mois de la pandémie, mieux vaut ménager sa marge de manœuvre et éviter de gonfler les soldes de ses cartes de crédit.   

Selon une étude de la Banque RBC publiée la semaine dernière, les ménages canadiens ont dégagé une épargne supplémentaire de 280 milliards $ durant la pandémie. Imaginez l’effet d’ouvrir les vannes et de dépenser tout ça ! Vous avez dit « inflation » ?     

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