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Ligne de transport électrique: Québec refuse de «plier les genoux»

Simon Clark/Agence QMI

Refusant de «plier les genoux» devant le «lobby de l’énergie fossile», Québec entend poursuivre la construction d’une ligne électrique vers le Massachusetts, malgré un référendum qui a rejeté le projet.

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«Nous, on prétend que la vertu est avec nous. Nous, on prétend que le Québec peut devenir la batterie des Amériques», a déclaré le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, au Salon bleu, mercredi.

«On s’est engagé avec notre partenaire de manière formelle dans ce projet-là avec tout ce qu’il fallait pour aller de l’avant, alors on compte bien donner suite au projet», avait-il affirmé, peu avant, en point de presse.

Selon lui, Hydro-Québec et son partenaire, Central Maine Power, ont agi «de manière rigoureuse» sans sauter «aucune étape» dans ce dossier, d’où l’idée que «légalement on est à la bonne place».

Les citoyens du Maine ont pourtant fait subir un échec retentissant à Hydro-Québec, mardi, en votant pour bloquer le corridor électrique sur leur territoire qui aurait permis à la société d’État d’exporter 10 milliards $ en électricité dans la Nouvelle-Angleterre pendant 20 ans.

L’entente dépendait de la construction d’une ligne d’interconnexion de 233 kilomètres dans l’ouest du Maine afin de desservir toute la région. Les travaux pour la construire, estimés à 1 milliard $, avaient déjà commencé sur le territoire du Québec.

Il s’agissait d’un second revers pour la société d’État, après un refus du New Hampshire de laisser passer la ligne New England Clean Energy Connect.

Pour le Parti libéral Québec, le résultat référendaire est un «échec» pour François Legault dans son projet de faire du Québec la «batterie verte» du nord-est de l’Amérique.

«M. Legault dit qu'il va faire une batterie verte. Or tous ses projets jusqu'ici, à l'exception de New York, mais même New York ce n'est pas encore dans le sac complètement, tous ses projets, l'Ontario et le Massachusetts, entre autres, sont en péril actuellement», a fait valoir le député libéral Pierre Arcand.

S’il juge qu’il faut «prendre acte» des résultats du référendum tenu au Maine, le chef parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois croit aussi que «si la législation là-bas permet d'autres recours, je pense qu'Hydro-Québec doit les envisager».

Affirmant que «les opposants à ce projet-là étaient financés par des intérêts pétroliers», le chef parlementaire du Parti québécois, Joël Arseneau, estime qu’Hydro-Québec doit évaluer ses recours. Le résultat du référendum doit toutefois servir de leçon, a-t-il ajouté.

«Il faut donc s'assurer d'attacher les projets et d'avoir une acceptabilité sociale lorsqu'on les annonce et surtout lorsqu'on mise, de la part du gouvernement, presque uniquement sur l'exportation d'énergie pour pouvoir dire que le Québec est à l'avant-garde des changements climatiques et de la transition énergétique», a-t-il dit.

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