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Des excuses jugées insuffisantes par le gouvernement Legault

Les excuses présentées par le PDG d’Air Canada sont jugées insuffisantes par le gouvernement Legault, qui à l’instar de toute la classe politique québécoise, dénonce le mépris de Michael Rousseau envers la langue officielle du Québec : le français. 

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«Les excuses, c'est le minimum, mais ce n'est pas suffisant», a réagi le ministre responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette, après avoir pris connaissance du communiqué émis par M. Rousseau. 

Dans sa déclaration écrite, M. Rousseau, qui est largement critiqué après avoir banalisé le fait de prononcer un discours uniquement en anglais devant les gens d’affaires de Montréal, fait référence au français comme «langue d’usage» au Québec. 

«Ce n'est pas juste la langue d'usage, le français au Québec: c'est la langue officielle du Québec», a rappelé M. Jolin-Barrette. 

Legault fustige Rousseau      

Les excuses ont rebondi à Glasgow, où le premier ministre s’est aussi étonné de voir le patron d’Air Canada qualifier le français de «langue d'usage au Québec», alors que celle-ci en est plutôt la langue officielle.   

«Je pense qu’il y a encore un peu d’éducation à faire : il y a juste une langue officielle au Québec, c’est le français», a déclaré le premier ministre. 

«Je suis content de voir qu’il a présenté ses excuses, qu’il nous dit qu’il va apprendre le français, donc on va suivre ça, a-t-il ajouté. Mais je pense que c’est important de comprendre qu’au Québec il y a une nation – à l’intérieur du Canada qui est bilingue –, mais au Québec il y a une seule langue officielle, c’est le français.» 

Il jugera la déclaration de M. Rousseau à ses résultats et attend de voir si cela va « paraître dans ses prochaines allocutions ». 

Un peu plus tôt, M. Legault, ne s’était pas gêné pour écorcher le grand patron d’Air Canada, en lui réclamant des excuses, tout en interpellant le CA de la compagnie. 

« C’est insultant. Ça me met en colère », a lancé le premier ministre en marge de la COP26. 

M. Legault a également dénoncé l’attitude du président d’Air Canada, dont le siège social est au Québec. Cela dénote un « manque de respect » de la part Michael Rousseau envers ses employés québécois, selon lui.

« Je ne peux pas imaginer que le numéro un, le président, ne soit pas capable de s’adresser à ses employés en français. C’est inqualifiable », a ajouté le chef caquiste.  

Réforme de la loi 101      

M. Legault estime que les propos de M. Rousseau militent en faveur de la réforme de la loi 101, présentement à l’étude à Québec. « Ça vient prouver aussi qu’il y a un signal plus fort qui doit être donné », a dit le premier ministre.

La population a toutefois un rôle à jouer, croit M. Legault. « Il y a un travail à faire aussi par tous les Québécois d’exiger de se faire servir en français », a-t-il souligné.

Il n’a toutefois pas été jusqu’à dire que les spectateurs auraient dû refuser d’assister à cette conférence, alors qu’ils savaient qu’elle se déroulerait dans la langue de Shakespeare.   

Questionné à savoir si Michael Rousseau est la personne appropriée pour diriger Air Canada, François Legault a renvoyé la question aux administrateurs de la compagnie. « C’est des questions qu’il faut poser au conseil d’administration d’Air Canada, dit-il. Je pense que c’est vraiment choquant, c’est un manque de respect. Je me mets à la place des employés d’Air Canada et je ne serais pas fier de mon président. » 

Sa démission réclamée      

« Il faudrait qu'il quitte, qu'il démissionne », a réclamé pour sa part la députée de Québec solidaire, Ruba Ghazal, en pressant elle aussi les membres du CA de réagir à « l’attitude méprisante » du pdg d’Air Canada. 

« Il a démontré un mépris pour tous ceux au Québec qui prennent le temps d'apprendre le français à leur arrivée, qui prennent des cours de français aujourd'hui, qui s'investissent dans le Québec qu'ils habitent », a indiqué dans le même sens le député libéral André Fortin. 

Le député Pascal Bérubé a demandé de suspendre le financement de 6 G$ à Air Canada, tant que la compagnie aérienne ne deviendra pas un bon citoyen corporatif et qu'elle ne respectera pas la langue française.  

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