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Hydro-Québec se battra à coup de millions $ pour défendre son projet

La grande patronne jure qu’elle vaincra ceux « qui essaient de nous casser les reins »

Sophie Brochu

Photo d’archives, Agence QMI

La présidente d’Hydro-Québec n’entend fixer aucune limite au budget qu’elle pourrait devoir engager en frais juridiques pour défendre ce qu’elle estime être le droit légitime de la société d’État de mener à terme son projet d’exportation d’électricité vers le Massachusetts.

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« Non. Écoutez, si on doutait de la validité de ce que l’on est en train de faire, je pourrais théoriquement avoir une limite mentale. [...] Mais pas dans ce cas-ci. On va prendre ce qu’il faut comme moyens [financiers] pour défendre les droits d’Hydro-Québec. Et notre partenaire [Central Maine Power] va faire la même chose.»

Mardi, une majorité de citoyens du Maine se sont prononcés par référendum contre la construction d’une ligne de transport électrique de 233 kilomètres, censée traverser leur territoire, pour desservir le Massachusetts en électricité du Québec. D’une durée de 20 ans, ce contrat majeur d’exportation pour Hydro-Québec est évalué à 10 milliards de dollars. 

Depuis deux ans et demi, on estime à « un peu plus de 500 millions de dollars » les sommes qui ont déjà été engagées dans ce projet. À ce jour, 80 % du déboisement nécessaire au passage des lignes de haute tension serait complété et 110 pylônes ont été érigés. 

Un enjeu de 10 milliards $

«On est vraiment dans des investissements lourds et des revenus qui sont conséquents [10 milliards $], soutient Mme Brochu. Alors, vous comprendrez qu’on ne s’enfargera pas dans un coût d’injonction de 5 millions de dollars.»

Le projet d’interconnexion s’est buté à l’opposition féroce des producteurs privés d’électricité, produite à partir d’énergie fossile. Ils pourraient perdre des milliards $ si Hydro parvenait à se faire plus présente sur leur territoire. On les soupçonne d’avoir dépensé des dizaines de millions $ US pour combattre le projet hydroélectrique. 

«C’est pas le temps d’être chiche quand il y a des gens qui viennent nous chercher le pain dans la bouche, affirme la présidente d’Hydro. Car c’est exactement ce que sont en train de faire nos opposants de l’énergie fossile. Ils essaient de nous casser les reins pour nous prendre le pain qu’on a dans la bouche. Alors, on va se défendre.»

Sophie Brochu a semblé recevoir l’appui de plusieurs élus de l’Assemblée nationale. «Nous, on prétend que la vertu est avec nous», a dit le ministre de l’Énergie, Jonatan Julien. 

Le chef de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, estime que, tout en prenant acte des résultats du référendum, Hydro devrait envisager des recours.

Enfin, le PLQ en a profité pour décocher une flèche à l’endroit du premier ministre. 

«M. Legault dit qu’il va faire une batterie verte, a commenté son député Pierre Arcand. Or, tous ses projets, à l’exception de New York – qui n’est pas encore dans le sac – [...], sont en péril.»

– Avec Vincent Larin, Agence QMI

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