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Primes aux infirmières: Dubé jette les gants contre les syndicats

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a jeté les gants contre les syndicats, mardi, les accusant de bloquer les primes pour le recrutement et la rétention des infirmières en raison de considérations syndicales.

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M. Dubé a mené une charge à fond de train en marge d’une conférence de presse sur l’annonce d’une troisième dose de vaccin contre la COVID-19 pour les personnes âgées de 70 ans et plus.  

Québec et les syndicats du réseau de la santé s’affrontent depuis plusieurs semaines sur le programme de primes de 12 000 à 18 000$ offertes pour ramener plusieurs professionnels dans le réseau de la santé, les infirmières au premier chef.    

Le ministre déplore que ses efforts pour améliorer les conditions de travail en embauchant plus de personnel à temps plein soient minés par les syndicats, qui souhaiteraient que les primes s’appliquent aussi à leurs délégués. M. Dubé estime que son plan permettra notamment de réduire le temps supplémentaire obligatoire, décrié par les employés.   

«On a mis des primes très attrayantes, puis, ce que j'entends depuis des semaines, [c’est]: “Oui, mais nous autres, les délégués syndicaux, on n'y a pas droit.” Mais ils ne sont pas sur le terrain en train de soigner des patients», a lancé Christian Dubé en conférence de presse, dans une colère à peine retenue.  

Frictions sur l’ancienneté 

M. Dubé déplore également que les dirigeants syndicaux ne démontrent pas d’ouverture concernant la reconnaissance de l’ancienneté des infirmières qui souhaiteraient revenir dans le réseau public, par exemple après avoir travaillé pour des agences privées.  

«Expliquez-moi comment je peux regarder une infirmière qui est à la retraite ou qui est dans une agence, qui a le goût de revenir travailler avec nous, puis à qui ont dit: “On ne reconnaît pas ton ancienneté”», a demandé le ministre.  

Québec serait en négociations avec quelque 3800 professionnels qui souhaitent revenir dans le réseau de la santé, tandis que 300 personnes seraient concernées par la demande d’élargir la prime aux délégués syndicaux.  

En fin de journée, le premier ministre François Legault a aussi dénoncé un «discours qui est très négatif» de la part des syndicats. «Nous, on voudrait travailler avec les syndicats, avec les employés, entre autres, pour revoir la réorganisation du travail, pour revoir la fabrication des horaires de travail d'une façon beaucoup plus décentralisée, en collaboration avec les syndicats puis les employés», a-t-il déclaré.

Les syndicats dénoncent 

Les déclarations du ministre faisaient suite à une sortie des principaux syndicats du personnel de la santé, la veille, qui l’accusaient de refuser de collaborer. 

Par voie de communiqué, mardi, les syndicats ont dénoncé la sortie du ministre sur la question des primes pour les délégués syndicaux. «Le ministre Dubé laisse entendre que nous n’en avons que pour les libérations syndicales, alors qu’il n’a pas été question de ce sujet lors des récentes rencontres avec le MSSS», affirme en chœur la FIQ, la FSSS-CSN, la FSQ-CSQ, le SQEES-FTQ et le SCFP. 

«Pour les organisations syndicales, le ministre semble vouloir trouver un coupable pour les difficultés qu’il rencontre dans le recrutement de personnel», écrivent-ils.  

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