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Saguenay: une mère de famille se bat pour toucher l’assurance-emploi

Une mère de famille qui a eu trois enfants en cinq ans s’en prend au régime d'assurance-emploi, qu’elle a qualifié de sexiste, et tente de faire modifier la loi.

«Je vais me battre pour que mes deux merveilleuses filles n'aient pas à être inquiètes au niveau de leur choix familial dans leur avenir», a déclaré Jessica Soucy qui est aussi mère d’un petit garçon.

En août dernier, après 47 semaines de prestations de maternité et parentales, Mme Soucy a appris que son employeur avait décidé d’abolir son poste en raison de «mes grossesses qui sont subséquentes et qui ont coûté trop cher à la compagnie».

Elle conteste son congédiement qu’elle qualifie d’illégal et se bat pour avoir droit à l’assurance-emploi.

En effet, elle explique qu'elle n'a pas eu droit à l'assurance-emploi, contrairement à une femme enceinte qui perd son travail.

«Tu es en grossesse, tu peux avoir l'exception, mais pas si tu as accouché, a expliqué le coordonnateur de L’A.S.T.U.S.E, un groupe qui défend les chômeurs, Sylvain Bergeron. Donc, on considère que les enfants n'ont pas d'importance au Canada. Il y a un trou de trois semaines où Jessica aurait dû recevoir ses prestations d'assurance-emploi. 

«Pourquoi on ne lui a pas donné? Probablement que ce sont les directives. Moins on en donne, mieux c'est. Il n'y a personne qui est à l'abri d'une perte d'emploi. Cette question-là parce que tu t'absentes pour donner la vie à un enfant, c'est une situation qui place les femmes dans un état de grande précarité.»

Jessica Soucy juge la situation inacceptable. «Nous subissons un préjudice après avoir fait le choix d'avoir une vie familiale, malheureusement. On est victime de discrimination dans la présente loi. Et on n’est aucunement protégées pour avoir mis l'avenir du Québec au Monde.»

L'A.S.T.U.S.E s'adresse maintenant au Tribunal de la Sécurité sociale pour faire déclarer cet article inconstitutionnel.

Sylvain Bergeron voudrait que les semaines travaillées avant le congé parental soient prises en compte pour que les mères au chômage aient près d'un an de prestations en cas de perte d'emploi après leur congé.

Le groupe qui défend les chômeurs interpelle tous les partis politiques fédéraux et parle d'une loi sexiste.

«Il y a seulement 35,2 % des chômeuses qui sont admissibles à l'assurance-emploi alors que c'est 52,5 % des chômeurs, fait valoir M. Bergeron. Ils nous font des belles promesses durant les campagnes électorales. On va améliorer l'assurance-emploi. On va régler les problèmes de discrimination. Montrez-nous que des citoyens, ça ne sert pas juste à gagner des votes.»

Jessica Soucy n'est pas seule dans cette situation. L'A.S.T.U.S.E estime qu'il y a une cinquantaine de cas similaires par année au Québec.

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