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Enquête sur l'hécatombe en CHSLD: Le PLQ veut entendre les inspecteurs

Photo d'archives Agence QMI, Joël Lemay

«Comment peut-on ignorer l'histoire des presque 6000 personnes décédées en CHSLD pendant la pandémie? Qui a demandé aux inspecteurs de détruire les rapports? Comment a-t-on pu se débarrasser de telles informations alors que ceux-ci vivaient la pire crise de l'histoire?», s'est questionnée la cheffe du parti, Dominique Anglade, mercredi.

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Lors de son témoignage à l’enquête publique de la coroner Kamel, mardi, la sous-ministre adjointe aux aînées, Natalie Rosebush, a révélé que le gouvernement n’a pas conservé les notes des inspecteurs qui se sont rendus dans les établissements durant la première vague.

Une information appuyée par le sous-ministre responsable à l’époque, Yvan Gendron.

Écoutez le journaliste du Journal de Montréal Michael Nguyen avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio: 

De façon verbale 

S’il recevait quotidiennement un tableau indiquant le nombre d’inspections réalisées chaque jour dans les établissements, Yvan Gendron affirme qu’il n’était pas informé du détail de celles-ci. Les inspecteurs faisaient plutôt leurs recommandations de façon verbale, a-t-il confirmé, mercredi.

«Bouleversée» par ces témoignages, la porte-parole libérale pour les aînés et les proches aidants, Monique Sauvé, estime qu’il est donc «impératif» d’entendre ces inspecteurs, tout comme la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais.

Rappelons que son témoignage a été annulé puisqu’elle se trouve toujours en arrêt de travail.

«On est en droit de se demander où se situent les aînés dans l'ordre des priorités du gouvernement de la CAQ», souligne Monique Sauvé.

Avertissement en janvier 

Lors de son témoignage, mercredi, le sous-ministre Yvan Gendron a expliqué que le réseau de la santé avait été mis au courant dès la fin janvier de la vulnérabilité des CHSLD en cas de propagation de la COVID-19 dans la population, un scénario auquel les établissements devaient se préparer.

Durant une rencontre tenue le 22 janvier 2020, il a alors été demandé aux PDG des CISSS et des CIUSSS de mettre à jour leurs plans en cas de pandémie en s’inspirant de celui préparé pour la grippe H1N1 en 2009.

Il était alors «évident que les personnes âgées allaient être atteintes de par leur condition», a indiqué Yvan Gendron.

La coroner, Géhane Kamel, a alors réagi en soulignant l’écart entre «vos directives, vos rencontres, vos 18 heures par jour» et la situation dans certains CHSLD où «des gens [étaient] à la guerre avec pas d’armes, pas de munitions».

«L’organisation sur le terrain, ça leur appartient», a répondu Yvan Gendron à propos des CISSS et des CIUSSS. «J’ose imaginer qu’ils ont mis toutes les énergies, mais on dirait des fois que tant que ça ne nous touche pas, on ne met pas toutes les énergies», a-t-il ajouté.

Rappelons qu’Yvan Gendron a été démis de ses fonctions de sous-ministre à la Santé à la fin de la première vague de COVID-19, en juin 2020, peu après un remaniement ministériel lors duquel la ministre de la Santé à l’époque, Danielle McCann, s’est vu confier les responsabilités de l’Enseignement supérieur.

Cette dernière doit témoigner jeudi aux audiences de la coroner.

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