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Procès des attentats du 13 novembre 2015: radiographie de la cellule à l'origine des attentats

Cadres, opérationnels, missions... Le procès des attentats du 13 novembre 2015 en France est entré jeudi dans le vif de l'enquête, en décryptant le fonctionnement de la cellule du groupe État islamique à l'origine des attaques «projetées» depuis la Syrie. 

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«Je suis 948SI». La voix de l'enquêteur de la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) est nette, mais son visage flouté sur les écrans de la cour d'assises spéciale de Paris. 

Premier d'une longue série de policiers français et belges appelés à retracer les parcours des protagonistes du dossier, «948SI» revient sur la genèse des attaques qui ont fait 130 morts à Paris et Saint-Denis, jouxtant Paris, parmi «les plus abouties» de l'EI.

Un an plus tôt, courant 2014, cette organisation met en place «une véritable industrie des attentats projetés» afin, explique l'enquêteur, «d'acquérir une renommée» médiatique et de «s'affirmer comme leader du jihad» dans le monde.

Elle s'appuie sur «deux structures», détaille-t-il. D'abord la «Liwa as Saddiq», une brigade de «soldats d'élite» fondée début 2014 par le numéro 2 de l'EI de l'époque, Abou Mohammad Al-Adnani, chargée de la gestion des otages étrangers et d'autres «missions sensibles».

Et la «Copex», cellule des opérations extérieures créée «sous l'impulsion» du même homme pour réaliser ces «attaques projetées» depuis la zone irako-syrienne, poursuit le policier.

Cette cellule placée sous l'autorité d'un émir est organisée comme une entreprise, composée de «bureaux» dotés chacun d'un «portefeuille» géographique, le «portefeuille Turquie», «Arabie saoudite», «Iran» ou «Europe».

«948SI» précise que les «projets» d'attaques sont proposés par les bureaux régionaux à l'émir, qui émet une première validation, avant de les présenter à un comité chargé d'étudier leur «intérêt stratégique». Une fois accepté, le bureau régional parachève le projet. 

Une certaine «latitude» pouvait être laissée aux «opérationnels» envoyés de Syrie pour commettre les attaques sur le «choix précis des cibles et des dates», validé ensuite par l'émir, affirme l'enquêteur. 

C'est «l'hypothèse de travail privilégiée» dans l'enquête sur les attentats du 13-Novembre, sur la base notamment des déclarations du Suédois Osama Krayem, aujourd'hui dans le box des accusés. Les choix des opérationnels auraient été «validés» par «l'émir de la Copex», Oussama Atar, ajoute «948SI». 

Personnage «historique du jihad», le Belge était devenu «un cadre de premier plan» du groupe Etat islamique et le «ressortissant européen ayant eu les fonctions les plus élevées» en son sein, retrace l'enquêteur. 

Oussama Atar est lui-même renvoyé devant la cour pour avoir commandité ces attaques, mais présumé mort en Syrie en 2017, il est jugé par défaut.

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