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Bientôt interdit de faire dégriffer son chat?

L’onyxectomie féline, plus communément appelée «dégriffage» des chats, est encore permise au Québec, mais des groupes de défense des animaux mettent de la pression pour qu’elle soit interdite. 

«Le dégriffage, d’abord, ça n’a jamais été populaire partout dans le monde. Ailleurs qu’en Amérique du Nord, ce n’est vraiment pas une pratique qui est courante», explique la vétérinaire Claudia Gilbert. Elle précise d’ailleurs que plusieurs pays ont interdit le dégriffage. 

«Ce qu’il faut comprendre, c’est que quand on dégriffe un chat, on ne fait pas seulement enlever les griffes. On enlève la dernière phalange de chacun de ses doigts, donc ça devient une multiple amputation pour ces chats-là», explique la Dre Gilbert. 

Contrairement aux humains, les chats ne marchent pas sur la plante de leurs pattes, mais plutôt sur le bout des doigts. Ainsi, une dégriffage peut causer plusieurs problèmes pour l’animal, qui ne se sert pas seulement de ses griffes pour chasser. 

«Ça a une répercussion très importante, et il n’y a pas de raisons de dégriffer parce qu’il y a des alternatives très efficaces», poursuit Claudia Gilbert. 

Elle explique que le poteau à chats, s’il est bien utilisé, est une excellente manière de laisser son chat faire ses griffes. 

Pour qu’il soit efficace, le poteau doit être stable, à la hauteur d’un divan et il doit être dans un endroit accessible pour l’animal. 

«Beaucoup des problèmes de comportements des chats viennent du fait que la majorité des chats qui se sont fait dégriffer ont des conséquences», explique la vétérinaire. 

Elle affirme que déjà beaucoup de vétérinaires refusent maintenant de dégriffer des félins. 

«Les seuls qui le font encore disent qu’ils ont peur que les clients aillent ailleurs pour le faire», lance la vétérinaire. 

«De l’interdire, ça va juste rendre service à tout le monde», croit-elle. 

Elle tient aussi à détruire le mythe que les animaux dégriffés se font moins abandonner. 

«Les causes principales d’abandon sont l’agressivité, et les pipis en dehors de la litière. On sait qu’un chat dégriffé va avoir davantage de chances d’avoir ces comportements-là parce que c’est une douleur directe associée à leurs pattes», explique Claudia Gilbert. 

Bientôt interdit d'acheter des animaux en animalerie  

La France a récemment adopté des lois plus sévères concernant la maltraitance animale. Il sera notamment interdit de vendre des chats et des chiens en animalerie. 

À Montréal, un règlement municipal empêche déjà la vente de ces animaux en animalerie, mais il ne s’agit pas d’une loi provinciale. 

«On se rend compte que les animaleries sont un grand débouché pour ce qu’on appelle les “usines à chiots”, donc des élevages intensifs de chats et de chiens où les animaux sont maintenus dans des conditions déplorables. C’est souvent dans les animaleries que ces animaux se retrouvent», explique Sophie Gaillard, directrice de la défense des droits animaux de la SPCA. 

Elle précise aussi que les animaleries encouragent l’achat impulsif d’animaux, et que très peu d’éducation sur comment en prendre soin est faite.

Elle croit qu’une loi provinciale est nécessaire par rapport à cet enjeu pour uniformiser la réglementation. 

Étant donné que le Québec est en processus de révision sur sa loi sur le bien-être animal, Mme Gaillard croit qu’il s’agirait d’une bonne occasion pour ajouter ce volet. 

Elle croit que le Québec pourrait s’inspirer de la France, qui a une des lois les plus sévères à ce sujet.  

Écoutez la chronique de la Dre Lucie Hénault, médecin vétérinaire et fondatrice du magazine web Flair & Cie 
 

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