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«iel» : progrès ou caprice idéologique?

La décision du dictionnaire Robert d’inscrire le pronom «iel» dans son édition en ligne a fait réagir cette semaine.

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Alors que plusieurs ont décrié cet ajout, la professeure titulaire de linguistique à l’Université de Montréal, Julie Auger, observe que l’utilisation de ce pronom, sans faire l’unanimité, est en croissance.

«C’est une réalité qui est en croissance. On en prend conscience et il y a des personnes qui revendiquent l’utilisation d’un pronom qui les désigne et qui ne les force pas à entrer dans une catégorie qui n’est pas la leur», a soutenu la professeure Auger, en entrevue à l’émission «Le Bilan».

Cette dernière mentionne qu’au fil des siècles, certains pronoms de la langue française ont été modifiés ou se sont ajoutés à notre vocabulaire. Par exemple, le «ils», au pluriel, n’a fait son apparition qu’au 14e siècle. 

Le «on» a également vu son utilisation évoluer. Alors qu’il n’y a pas si longtemps, le «on» excluait la personne qui parle, ce pronom a aujourd’hui le même sens que le «nous», argumente Julie Auger.

«La langue change toujours. La langue s’adapte», souligne-t-elle.

Un débat imposé par une minorité?

Le chroniqueur Mathieu Bock-Côté n’est pas du tout de cet avis. Pour lui, le «iel» ne concerne pas assez de gens pour mériter une place dans la langue française.

«C’est 1% de la société qui cherche à tout prix à imposer une réforme qui déstructure notre compréhension de la langue à l’immense majorité de la population qui trouve que ça n’a pas de bon sens!», clame le chroniqueur.

«Pourquoi devrions-nous, simplement sur le plan symbolique, nous plier toujours à tous les caprices idéologiques qui se présentent à nous?», s’interroge Mathieu Bock-Côté.

De son côté, Caroline St-Hilaire estime que l’arrivée du «iel», entraînera des conséquences majeures sur notre langue. Elle se questionne sur la manière dont les adjectifs seront accordés lorsqu’utilisés avec ce nouveau pronom. 

«Je pense qu’on est en train de créer un problème», indique-t-elle.

«Est-ce que, par la suite, on va devoir corriger tous les livres qu’on a à la bibliothèque parce qu’il n’y aura pas le «iel» inclus. Alors, ça s’arrête où tout ça?», s’inquiète Caroline St-Hilaire.

Pour voir le segment complet, visionnez la vidéo ci-haut.

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