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Le Parti conservateur du Québec souhaite un impôt à taux unique

Quebec

Photo d'archives, Stevens LeBlanc

Les militants du Parti conservateur du Québec se sont prononcés samedi en faveur de baisses d’impôts généralisées et de l’instauration, à long terme, d’un taux unique pour tous les contribuables de la province.

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Réunis de façon virtuelle dans le cadre du premier congrès du parti depuis l’élection de son nouveau chef, Éric Duhaime, 500 membres se sont penchés samedi après-midi sur les propositions de la formation politique en matière d’économie.

Sous l’impulsion de leur vice-président, Mark Buzan, pour qui la proposition de baisser le taux d’imposition pour les premiers 90 000 $ n’allait «pas assez loin», ils se sont également prononcés en faveur de l’instauration, à long terme, d’un taux unique.

Position débattue 

Appuyée par seulement 63 %, la proposition est celle qui a été la plus débattue de cette première journée de congrès.

«L’ADQ (Action démocratique du Québec) avait présenté une chose comme ça et s’était fait accuser de favoriser les riches, a rappelé le militant Bruno Gilbert. Je pense que baisser les impôts, ce n’est pas une chose qui va aider aux élections.»

Un autre, Daniel Bouffard, a fait remarquer que de telles baisses d’impôts se traduiraient par «des milliards» en moins dans les coffres de l’État.

«On ne va pas juste couper les revenus et attendre que les dépenses baissent. Les deux vont aller de pair», l’a rassuré Ian Sénécal, membre du comité travail, économie et finances publiques de la commission politique du parti.

Outre les baisses d’impôts, les militants conservateurs ont voté en faveur de hausser le crédit d’impôt au prolongement de carrière des travailleurs d’expérience et de cesser de taxer la revente de biens de consommation usagés, incluant les voitures.

Pour un pont

Le panel sur l’environnement et le transport a également donné lieu à des débats animés. En forte majorité, les militants du PCQ se sont toutefois prononcé en faveur du troisième lien, mais ont exprimé leur préférence pour un troisième lien à l’est de Québec.

Ils se sont également positionnés en faveur de l’exploitation des ressources naturelles du Québec, y compris le gaz de schiste, à certaines conditions.

«N’est-ce pas plus sain de d’abord exploiter la ressource qui est sous nos pieds, s’est alors questionné le chef Éric Duhaime. On pense que d’un point de vue environnemental c’est déjà un plus.»

Plusieurs militants ont exprimé à ce moment leur frustration quant à la rapidité à laquelle étaient adoptées les positions du parti. En matière de transport, les conservateurs se sont également prononcés en faveur de l’augmentation de la limite de vitesse sur certaines routes à 120 km/h.

Duhaime calme les ardeurs 

Plus tôt en avant-midi, vers la fin du panel sur le thème de la santé, le chef du parti, Éric Duhaime, a senti le besoin de recadrer les débats.

Après avoir noté les nombreux commentaires au sujet des traitements alternatifs en marge des discussions virtuelles, il a rappelé que ce n’est pas le rôle de l’état de les promouvoir même s’il doit prôner la «liberté de choix» en santé.

Éric Duhaime reconnaît avoir rencontré «beaucoup de gens qui me parlent des médecines alternatives» durant ses tournées régionales et qu’ils ont «raison» de réclamer la liberté de choix quant aux traitements qu’ils choisissent.

«Mais la dernière chose que vous voulez c’est que votre gouvernement embarque dans les médecines alternatives et commence à en faire la promotion active», a lancé le chef conservateur à ses militants.

Pas de «gouvernemaman» 

Même chose avec l’idée de taxer la malbouffe ou encore de promouvoir les saines habitudes de vie.

«Ce n’est pas le rôle du gouvernement de vous dire quoi manger et à quelle heure faire votre jogging. On n’est pas dans un parti qui veut vous prendre par la main, qui veut un ‘’gouvernemaman’’ qui va décider tout pour vous», a insisté l’ancien animateur à la radio.

Selon lui, la solution conservatrice serait plutôt d'abolir les taxes sur certains produits considérés comme «sains».

Parmi les propositions adoptées : offrir une alternative au réseau public de la santé, instaurer un mode de financement des hôpitaux en fonction des services rendus et augmenter les admissions en médecine. Les membres du Parti conservateur du Québec (PCQ) se sont également prononcés par une large majorité en faveur de la décentralisation du réseau de la santé.

Des positions cohérentes 

Sans surprise, les militants ont aussi appuyé à très forte majorité la proposition des instances du parti de revoir la Loi sur la santé publique pour obliger le gouvernement à consulter les députés de l’Assemblée nationale avant de renouveler l’état d’urgence sanitaire.

Depuis son élection à la tête du PCQ, Éric Duhaime a fait de la critique des mesures sanitaires son cheval de bataille. Entre temps, le parti a connu une hausse importante de ses appuis dans les sondages.

Mais la formation politique ne peut se satisfaire de ce seul thème, a insisté son chef d’entrée de jeux.

«Maintenant, il faut passer à l’étape d’être un parti politique sérieux, respectable, dans tous les domaines et pour ça, il faut montrer qu’on avait une position cohérente sur la crise sanitaire, mais on est capable d’avoir une position cohérente et conservatrice sur l’ensemble des politiques au Québec», a-t-il lancé durant son discours d’ouverture.

Entre 400 et 500 participants prenaient part aux échanges virtuels sur la plateforme Zoom.

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