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Les Québécois se ruent vers les chalets pour les Fêtes

Prêts à se rassembler de nouveau en famille pour rattraper le temps perdu l’an passé, les Québécois se sont littéralement lancés sur les chalets en location pour Noël et le jour de l’An. 

Le temps des Fêtes est toujours une période faste pour les locateurs de chalet, mais l’hiver à venir s’annonce encore plus fou que d’habitude.

« Ce n’est pas compliqué, on est pratiquement complet depuis septembre pour les semaines de Noël et du jour de l’An. On est toujours à 100 %, mais là, on est vraiment en avance, on n’a jamais vu ça », explique Philippe Hamel, cofondateur de Monsieur Chalets, plateforme offrant 800 chalets à louer un peu partout dans la province.

Et le constat est le même partout. 

L’engouement est là, et ceux qui n’ont pas déjà leur réservation devront probablement se résigner à passer les Fêtes à la maison. 

Réticents à voyager 

Les rassemblements permis, le temps à rattraper en raison de la pandémie et la reprise timide du voyage sont responsables de cet engouement, estiment les gens consultés par Le Journal.

« Ce n’est pas tout le monde qui est prêt à embarquer dans un avion demain matin. Ça vient encore avec des coûts supplémentaires pour les tests et il y a d’autres contraintes, d’autres risques », analyse Dany Papineau, qui est dans l’industrie du chalet depuis 2012 avec sa plateforme WeChalet. 

Et même quand le voyage reprendra, l’industrie restera au top, estime-t-il.

« Quand les gens vont se remettre à voyager à l’extérieur, bien à l’inverse, les touristes étrangers et du reste du Canada vont venir ici », ajoute M. Papineau.

Cet engouement a aussi eu un effet sur le marché immobilier, comme ce fut le cas dans le résidentiel.

« On a vu la valeur des propriétés grimper de 30 % à 35 % », estime Philippe Hamel, ajoutant que les gens qui ont acheté avant la crise ont fait une bonne affaire.

Le luxe aussi recherché 

Autre changement aussi cette année, les chalets de grande taille ou « de prestige » sont partis tout aussi vite que les autres.

Encore là, les complications entourant les voyages à l’étranger expliquent le phénomène alors que des clients fortunés s’offrent d’immenses chalets pouvant accueillir des dizaines de personnes, seulement pour leur famille immédiate.

« On voit des gens très fortunés payer le gros prix pour louer un chalet qui peut accueillir 40 personnes, mais pour trois, quatre personnes seulement », rapporte Philippe Hamel. 

« Plutôt que de partir à la Barbade ou d’autres endroits exotiques, ils se louent des produits très luxueux ici, au Québec », ajoute-t-il, précisant avoir vu quelques noms bien connus des milieux artistiques ou politiques québécois dans sa liste de réservations.

 L’industrie du voyage au ralenti  

Pendant que les propriétaires de chalet font des affaires d’or, l’industrie du voyage, elle, se relève tranquillement en raison des restrictions toujours en place.

« On fait deux pas en avant pour en refaire un en arrière », illustre Éric Boissonneault, propriétaire de Voyages Performa, à Boucherville, qui estime faire actuellement de 30 % à 40 % de son chiffre d’affaires habituel.

« L’appétit des gens est là, ça c’est indéniable, mais les prérequis et les risques peuvent faire hésiter le consommateur », ajoute Manon Langelier, directrice chez Laurier Du Vallon.

Irritants 

Preuve que l’appétit est là, le téléphone sonne sans arrêt dans les agences de voyages et chez les grossistes. La clientèle veut partir, mais a beaucoup de questions.

« Une vente qui pouvait prendre de 30 minutes à une heure peut maintenant prendre deux ou trois visites, parce que le client a besoin d’évaluer la situation et de réfléchir », confie Manon Langelier.

Et le processus ne débouche plus toujours sur une vente. Même que bien des clients changent d’avis en cours de route et annulent des voyages achetés. Le coût des tests obligatoires au retour et les règles entourant la vaccination sont deux irritants majeurs.

« Par exemple, la réglementation sur les enfants non vaccinés qui ne peuvent reprendre leurs activités pendant 14 jours au retour nous a amené une grosse vague d’annulations de gens qui avaient prévu partir dans le temps des Fêtes », révèle Éric Boissonneault.

« C’est ça, le pas en arrière qu’on fait. On espère vraiment des assouplissements le plus vite possible. »

Manque de main-d’œuvre 

Et comme si ce n’était pas assez, l’exode de plusieurs travailleurs du milieu pendant la crise rend le service à la clientèle encore plus complexe. 

« L’enjeu de la main-d’œuvre est probablement le plus grand défi », convient Lyne Chayer, directrice générale de Sunwing. 

« Nous avons dû laisser aller plusieurs employés. Chaque appel est aujourd’hui plus long parce qu’il y a plus d’informations. »

« L’attente est interminable, ça se compte en heures, parfois jusqu’à huit heures pour changer un nom sur une réservation. Le milieu du voyage est dégarni », ajoute Éric Boissonneault.

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