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Nathalie Normandeau dépose une poursuite de 2,5 millions $

L’ex-ministre libérale Nathalie Normandeau a déposé, lundi, une poursuite réclamant 2,5 millions $ au Procureur du Québec, en guise de dédommagement pour ses années perdues dans le système judiciaire.

• À lire aussi: Debout devant l’injustice: Normandeau règle ses comptes avec Lafrenière dans son livre

L’ancienne politicienne, qui a bénéficié d'un arrêt des procédures entamées contre elle en septembre 2020 après des années de démarches judiciaires pour des accusations de collusion, a expliqué par communiqué avoir déposé une demande introductive d’instance le 22 octobre dernier, mais que celle-ci était soumise à une ordonnance de non-divulgation de 30 jours.

«Je devrai apprendre à vivre avec ces accusations qui ont hypothéqué près de cinq ans de ma vie. Les préjudices ont été nombreux et pour cette raison, je réclame une somme de 2,5 millions de dollars au PGQ», a déclaré Mme Normandeau par communiqué.

Anciennement vice-première ministre du Québec sous le gouvernement de Jean Charest, Nathalie Normandeau avait été arrêtée en 2016 par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) avec cinq autres suspects, dont Marc-Yvan Côté, un consultant de la firme de génie-conseil Roche et libéral de longue date qui amassait des fonds pour le Parti libéral du Québec.

Les coaccusés faisaient face à des accusations de complot, de fraude et de corruption.

Une partie de ces accusations étaient tombées en cours de procès, mais quatre ans et demi plus tard, le juge André Perreault a décidé d’y mettre fin pour délai déraisonnable en vertu de l’arrêt Jordan, qui prescrit qu’un procès doit se tenir entre 18 et 30 mois après les arrestations.

Le juge avait aussi sévèrement blâmé la Couronne pour les fuites policières qui avaient alimenté les médias en informations sur tout ce scandale.

«Ces accusations résultaient d'enquêtes fautives et avaient plutôt pour motivation de favoriser le renouvellement du mandat du commissaire Robert Lafrenière et la création de l'UPAC comme corps de police indépendant», a soutenu Mme Normandeau dans le communiqué annonçant la poursuite contre le Procureur du Québec.

En septembre dernier, Nathalie Normandeau a fait paraître un livre dans lequel elle revient sur toute cette saga judiciaire, affirmant notamment avoir été victime d’une «injustice judiciaire et policière».

«J’ai été arrêtée pour permettre à un homme d’asseoir son autorité auprès de son organisation. Pour être renouvelé. Cet homme, c’est Robert Lafrenière», avait-elle dénoncé en entrevue avec le «Journal de Montréal», en faisant référence à l’ancien directeur de l’UPAC.

Écoutez la chronique judiciaire de l’ex-juge Nicole Gibeault sur QUB radio 

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