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Où est-ce qu’iel s’en va avec l’écriture inclusive?

Raphaël Boilard est étudiant au baccalauréat enseignement au secondaire, français, langue première, à l’Université Laval.

Photo Stevens Leblanc

Raphaël Boilard est étudiant au baccalauréat enseignement au secondaire, français, langue première, à l’Université Laval.

La semaine dernière, le dictionnaire Le Robert annonçait l’insertion d’un nouveau pronom dans ses pages : iel.

Joie pour les personnes non binaires qui luttent jour après jour pour être davantage incluses dans la société. Par contre, en adoptant l’écriture inclusive, ne sont-elles pas en train de séparer les gens quant à l’utilisation de la langue ?

D’une part, on retrouve ceux et celles qui suivent des formations et qui s’outillent pour transformer les connaissances grammaticales qu’ils ont acquises dans le passé, principalement parce qu’ils sont intéressés par cette nouvelle inclusivité langagière. D’autre part, il y a ces gens qui continuent d’utiliser les règles grammaticales de base apprises à l’école et qui ignorent peut-être même involontairement les nouvelles réformes de la langue.

Deux groupes distincts. Deux façons différentes d’écrire.

Un défi

Enseignons donc l’écriture inclusive à tous les élèves, me direz-vous ! Le défi est considérable. Sur le terrain, des élèves arrivent au secondaire sans savoir accorder correctement un adjectif avec un nom. Et que dire des participes passés... L’Association québécoise des professeurs de français (AQPF) vient tout récemment de demander une réforme simplifiée des accords pour aider les élèves qui éprouvent des difficultés.

Si on instaure officiellement le modèle de l’écriture inclusive dans les écoles, les élèves devront maîtriser la rédaction de phrases épicènes, les procédés de féminisation syntaxique, les accords de proximité, et j’en passe. Des notions grammaticales de plus en plus difficiles à apprendre et qui enlèvent la place à des apprentissages culturels importants dans les cours de français.

« Ma langue est une seule voix », pouvons-nous lire dans la nouvelle publicité du gouvernement. Permettez-moi d’en douter.

Raphaël Boilard

Étudiant au baccalauréat enseignement au secondaire, français, langue première, à l’Université Laval

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