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Un médecin belge soupçonné d'avoir validé 2000 fausses vaccinations

La justice belge enquête sur un médecin soupçonné d'avoir enregistré 2000 fausses vaccinations anti-COVID, la fraude «la plus grave» à ce jour dans la gestion de la pandémie en Belgique, selon la ministre wallonne de la Santé qui a révélé les faits mardi.

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Ce praticien de la partie francophone du pays aurait offert ses services «aux quatre coins de la Wallonie», parfois en se faisant rémunérer pour des injections qui n'avaient pas lieu.

L'objectif était de faire bénéficier le patient d'un pass sanitaire lui permettant d'échapper aux restrictions en vigueur.

«C'est une fraude à la vaccination de la part d'un médecin qui a encodé un nombre astronomique de personnes qu'il aurait vaccinées (...) 2.000 personnes au total», a déclaré au micro de la RTBF Christie Morreale, ministre de la Santé de la région wallonne.

Selon elle, il est impossible qu'un seul médecin ait pu vacciner autant de monde dans tant de lieux différents.

La justice et l'ordre des médecins ont été saisis du dossier, et ce généraliste a d'ores et déjà été privé de l'accès à la banque de données qui centralise les vaccinations.

Un juge d'instruction du tribunal de première instance du Hainaut (sud) a été saisi d'une enquête pour «faux» et «fraude informatique», a précisé à l'AFP Vincent Fiasse, procureur à Charleroi. La seule incrimination de «faux» peut valoir jusqu'à cinq ans d'emprisonnement.

«Les médecins doivent être conscients que la société a confiance en eux. Ils doivent rédiger les certificats médicaux avec objectivité et sincérité», a pour sa part déclaré à la télévision Benoît Dejemeppe, président du Conseil national de l'ordre des médecins. «Tout dépendra des circonstances, mais la sanction peut aller jusqu'à la radiation», a-t-il ajouté.

Quant aux personnes qui ont bénéficié de la fraude, elles sont également passibles de poursuites judiciaires, a précisé la ministre, Mme Morreale.

Dans un premier temps, leur pass sanitaire (ou «Covid Safe Ticket» en Belgique) a été «suspendu» et elles vont être contactées pour se voir proposer une vaccination en bonne et due forme. 

«On s'est rendu compte sur des sites antivax qu'il y avait des appels à acheter de faux certificats», certains donnant accès à de fausses vaccinations (pour être en contact avec le médecin enregistrant l'acte), a aussi expliqué cette responsable socialiste du gouvernement régional de l'ex-premier ministre Elio Di Rupo.

«C'est l'anomalie la plus importante et la plus grave, c'est un acte extrêmement dangereux (...) une rupture de confiance», a-t-elle insisté, soulignant que ces «faux vaccinés» exposent leurs contacts sociaux à la maladie.

L'enquête judiciaire a été ouverte après une plainte avec constitution de partie civile de l'Aviq, l'administration qui gère la plateforme vaccinale en Wallonie.

Ces faits sont révélés au moment où la Belgique connaît une explosion des nouvelles contaminations (plus de 15 000 en moyenne chaque jour contre 2000 environ il y a six semaines), entraînant une nouvelle surcharge des hôpitaux.

En outre, comme ailleurs en Europe, la polarisation est de plus en plus forte entre vaccinés (75% des Belges le sont complètement) et non-vaccinés se présentant comme défenseurs de «la liberté». Dimanche, une manifestation «pro-liberté» a rassemblé 35 000 personnes à Bruxelles selon la police. Elle a dégénéré en affrontements avec les forces de l'ordre.

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