/news/coronavirus

CHSLD: «Je voyais les morts sortir les uns après les autres»

La conjointe de Jean-Pierre Gariépy, un ancien chef de police de la ville de Laval, a contracté la COVID-19 après avoir été transférée de l’hôpital du Sacré-Cœur vers le CHSLD Sainte-Dorothée à Laval le 28 mars 2020.

• À lire aussi: EN DIRECT | Les derniers développements sur le coronavirus

• À lire aussi: Décès en CHSLD: une haute fonctionnaire appelée à témoigner de nouveau

• À lire aussi: Danielle McCann admet s'être concentrée sur les hôpitaux

Il a été aux premières loges de la désorganisation du CHSLD lors de la première vague du coronavirus au Québec. 

Il explique avoir été quatre mois sans voir sa conjointe lorsque celle-ci a contacté le virus, seulement deux jours après son arrivée au centre.

«Je voyais les morts sortir les uns après les autres du CHSLD Sainte-Dorothée», se remémore l’homme. 

«Je comptais les morts et à un moment donné, au niveau des médias, ont était rendu à 101 décès, ça a été le pire CHSLD au Canada», lance-t-il. 

«Je regardais un peu les résultats de tout ça à la fin avec plus de 4000 décès dans les CHSLD. 4000 décès, c’est plus de monde qui sont morts dans nos CHSLD que dans les tours jumelles à New York», affirme Jean-Pierre Gariépy. 

«Nous on a 4000 morts chez nous et on est en train de s’obstiner sur une lettre qui a été écrite ou pas écrite», s’insurge l’ancien policier, faisant référence à la lettre écrite par la ministre de la Santé de l’époque, Danielle McCann, pour préparer les établissements à la menace du coronavirus. 

M. Gariépy affirme que par «déformation professionnelle», il a systématiquement tout noté de son expérience, et surtout celle de sa femme, au CHSLD Sainte-Dorothée. 

Cela l’a d’ailleurs amené à beaucoup se questionner sur la responsabilité des patrons des CISSS, particulièrement à Laval puisque c’est à cet endroit que sa femme est décédée, par rapport à celle des patrons des CHSLD face à l’hécatombe. 

Il dénonce surtout le manque de directives claires pour se préparer à la COVID, alors qu’on voyait la crise venir au Québec, et pour préparer les travailleurs de la santé aux risques de transmission. 

Jean-Pierre Gariépy s’est dit heureux des constats du rapport de la Protectrice du citoyen, Marie Rinfret sur les décès en CHSLD dans la province. 

«D’abord, j’ai bien aimé son rapport, j’étais content de lire ses constats, mais en même temps j’étais fâché. J’étais fâché de voir tout le monde qui essaie de se disculper à travers tout ça», le policier à la retraite. 

«C’est une question au final de savoir qui a été responsable d’un manque aussi flagrant, je parle de Sainte-Dorothée, par rapport à la responsabilité du CISSS. Ce n’est pas la politique qui m’intéresse. C’est de savoir qui n’a pas pris ses responsabilités selon sa définition de tâche et son imputabilité», dénonce M. Gariépy. 

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.