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Ils bloquent le pont-tunnel puis embourbent le système

Mario Roy faisait le fier mardi dans les couloirs du palais de justice de Montréal, mais il a été plus docile une fois rendu devant le juge.

Photo Agence QMI, Joël Lemay

Mario Roy faisait le fier mardi dans les couloirs du palais de justice de Montréal, mais il a été plus docile une fois rendu devant le juge.

Accusé d’avoir bloqué le tunnel Louis-Hyppolite-La Fontaine, un leader anti-mesures sanitaires embourbera maintenant le système judiciaire avec 20 jours d’audiences où il contestera entre autres le droit de la Couronne de porter des accusations. 

« Vous allez être occupé avec un gros hiver », a lancé le juge Pierre Labelle à Mario Roy, mardi, au palais de justice de Montréal.

Roy, 50 ans, est un leader complotiste qui avait fait parler de lui au printemps, alors qu’il était détenu et qu’il exigeait sa libération sous caution pour s’occuper de pommes dans un verger. 

Après plusieurs audiences, il était finalement sorti de détention, si bien qu’il était en liberté quand il s’est présenté devant le tribunal mardi, dans son dossier de méfait et de complot.

Selon la Couronne, il a participé au blocage du tunnel Louis-Hyppolite-La Fontaine, dans le cadre de manifestations en mars dernier.

« J’ai un contact à la Sûreté du Québec qui était au courant [du blocage], je vais le faire témoigner », a assuré Roy, de toute évidence convaincu qu’il n’avait commis aucun crime et qu’il serait en mesure d’en faire la preuve.

Des membres du groupuscule anti-mesures sanitaires des «Farfaadas», André Desfossés, Steeve « L’Artiss » Charland et Karol « La Louve » Tardif sont aussi accusés.

Photo Agence QMI, Joël Lemay

Des membres du groupuscule anti-mesures sanitaires des «Farfaadas», André Desfossés, Steeve « L’Artiss » Charland et Karol « La Louve » Tardif sont aussi accusés.

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Pas de jury 

Roy a été accusé par voie sommaire, c’est-à-dire dans un mode de poursuite considéré bien moins grave que par voie criminelle, mais cela ne fait pas son affaire, a-t-il fait savoir, mardi.

Car, bien qu’il risque une peine plus légère par voie sommaire, cela l’empêcherait de monopoliser un jury de 12 citoyens pour entendre sa cause.

« Alors j’ajoute une requête », a lancé Roy pour contester le choix de la Couronne d’y aller avec un mode bien moins risqué pour lui. 

Et ce, même s’il compte aussi contester la légitimité de la Couronne de porter des accusations.

Un coaccusé affiche son hostilité envers François Legault.

Photo Agence QMI, Joël Lemay

Un coaccusé affiche son hostilité envers François Legault.

À cela s’ajoutent une demande d’exclusion de la preuve, l’une pour avoir deux procès distincts pour chaque blocage du tunnel et l’autre pour que ses antécédents judiciaires soient retirés de la preuve.

Dans certaines d’entre elles, le Procureur général du Québec devra obligatoirement être impliqué, ce qui mobilisera encore plus de ressources dans son dossier.

Au total, le complotiste veut faire entendre environ 30 témoins.   

Écoutez la chronique judiciaire de l’ex-juge Nicole Gibeault sur QUB radio 

Demande de huis clos 

Enfin, Roy demandera que son procès se tienne à huis clos, car s’il est lui-même allé parler aux journalistes dans les corridors du palais, il ne veut pas qu’ils assistent aux audiences publiques.

Face à toutes ces demandes, le juge a évalué que le tribunal aura besoin de 20 jours d’audiences pour mener à bien l’affaire. Il ne serait toutefois pas étonnant que les procédures s’étirent encore plus.

Les requêtes seront entendues en octobre 2022, tandis que le procès se tiendra en janvier 2023.

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