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Chicoutimi: itinérance et guichets automatiques ne font pas bon ménage

Desjardins a décidé de fermer temporairement ses guichets sur la rue Racine à Chicoutimi, le soir et la nuit, car la clientèle ne se sentait pas en sécurité avec la présence constante d’itinérants à ces heures.

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Les incidents des derniers mois ont pesé dans la balance. En peu de temps, devant la Caisse au centre-ville, il y a eu le meurtre d'un itinérant, un autre s'est immolé et il y a eu d'autres incidents à l’intérieur des guichets. 

«Beaucoup de saccage dans notre espace au niveau des équipements. Beaucoup de consommation. Alcool, drogue, a précisé le porte-parole de Desjardins, Patrice Vachon. On a eu des plaintes de nos employés au sortir de leur travail, ils étaient confrontés à des situations d'agressivité entre deux individus ça leur fait vraiment peur. On a eu des plaintes au niveau des utilisateurs.» 

Un itinérant qui fréquente la Maison d’accueil pour sans-abri de Chicoutimi, située à quelques centaines de mètres, Michel Gravel, s'assoit à côté de la porte de la caisse chaque matin, mais jamais le soir. 

«C'est juste temporaire. C’est pour la sécurité du monde. Pour le calme et le monde qui travaille ici et la société», a-t-il indiqué. 

Il passe toutes ses matinées à cet endroit. «De 9 h le matin à 12 h 30, mon chiffre est fait dans ce temps-là.» 

Il dit ramasser jusqu’à 50 $ ou 60 $. «Des fois, moins que ça. Minimum 25 ou 30 $. Quand j'ai fait mon paquet de cigarettes puis mes 25 piastres pour aller manger, mon chiffre commence à être fait.» 

Nous lui avons demandé s’il pensait faire peur au monde assis là, à solliciter des dons. «Il y a sûrement du monde qui a peur, mais ça rapporte pareil», a répondu Michel Gravel. 

Le directeur général de la Maison d’accueil pour sans-abri, Michel St-Gelais, comprend la crainte de la clientèle, le soir et les nuits. «Si je me mets dans la peau du client, ce n'est pas rassurant. Tu sors de l'argent. La personne est là. Il y a la santé mentale et la toxicomanie.» 

La Maison des sans-abri et d'autres organismes ont tenté de convaincre les itinérants de ne pas fréquenter les guichets, mais en vain. 

«Ce n'est pas facile de les convaincre, a admis Michel St-Gelais. Ça va les déplacer vers d'autres guichets automatiques.» 

D’ailleurs, au guichet voisin, celui de la Banque TD, la présence de personnes itinérantes est fréquemment observée. Des caméras de surveillance sont scrutées constamment, mais on réfléchit présentement à fermer également le soir et la nuit ou à embaucher un agent de sécurité. 

Desjardins songe à surveiller en tout temps ses caméras dans ces guichets avec un moyen pour l'employé de parler aux visiteurs. On voudrait aussi apporter un soutien aux itinérants. 

«On souhaiterait vraiment avec le milieu identifier des solutions. Vraiment offrir des options qui sont convenables pour ces personnes qui malheureusement vivent avec l'itinérance», a affirmé Patrice Vachon. 

Michel St-Gelais ne lâche pas, mais le manque de ressources fait mal. «La problématique ne va pas disparaître. Il faut faire de la prévention.» 

La réduction des heures d'ouverture est temporaire, car Desjardins espère trouver une solution rapidement.

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