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Des parents sont épuisés par les grèves en CPE

Alexandra Dubé-Marcil de Laval, accompagnée de ses enfants.

Photo courtoisie

Alexandra Dubé-Marcil de Laval, accompagnée de ses enfants.

Des parents d’enfants en CPE reçoivent tièdement la menace d’une loi spéciale qui forcerait le retour des éducatrices au travail, mais trépignent d’impatience de renvoyer leurs petits à la garderie pour reprendre leur emploi. 

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«Je soutiens ce que les éducatrices demandent. Mais d’un autre côté, ça ne peut pas être éternel», soutient Alexandra Dubé-Marcil, mère de deux enfants, dont un fréquente un CPE de Laval. 

«Je ne suis pas pour [la loi spéciale]. Est-ce que ça fait mon affaire? Un peu quand même», affirme pour sa part Christina, une mère dont le plus jeune va au CPE. L’infirmière a souhaité garder l’anonymat par crainte de représailles. Son témoignage résonne avec celui des nombreux parents à qui Le Journal a parlé.

Mercredi, les syndiquées de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ) ont voté à 91% en faveur d’un mandat de grève illimitée.  

Du côté de la CSN, les associations régionales tenaient jeudi des assemblées générales pour se prononcer elles aussi sur la possibilité d’une grève générale illimitée. Les résultats devraient être connus vendredi matin, a précisé un porte-parole de la centrale syndicale qui représente 11 000 travailleuses des CPE.

Or, le gouvernement Legault n’entend pas laisser planer longtemps les menaces: la loi spéciale a déjà été évoquée jeudi.

«Je vais faire tous les efforts pour m’entendre [avec les syndicats], mais ça fait très certainement partie des outils qui sont disponibles», a déclaré la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel.  

Gros casse-tête

Jason Hopson et Isabelle Dupuis, accompagnés de leurs enfants, Bo, 2 ans, et Megan, 3 ans, qui ne peuvent aller à la garderie à cause de la grève des CPE.

Photo courtoisie

Jason Hopson et Isabelle Dupuis, accompagnés de leurs enfants, Bo, 2 ans, et Megan, 3 ans, qui ne peuvent aller à la garderie à cause de la grève des CPE.

Afin de garder ses enfants de deux et trois ans, Isabelle Dupuis, qui est travailleuse autonome, a dû annuler tous ses rendez-vous avec des clients cette semaine.

«J’essaie de trouver une garderie [privée] ou une nounou qui accepterait de prendre mes enfants. C’est certain que ça risque de me coûter plus cher, mais je n’ai pas le choix», explique la résidente de Cantley, en Outaouais.

Malgré le fait qu’elle voit ses patients en télémédecine, l’infirmière praticienne Isabelle Vaillancourt doit faire garder sa fille de quatre ans. Or, elle est actuellement à court d’alternatives.

«Ma mère est assez malade, elle est souvent à l’hôpital. Ma sœur est atteinte d’un cancer, elle ne peut donc pas tout le temps garder mon enfant. Les options commencent pas mal à s’épuiser. Chaque jour, je me dis: qui va pouvoir garder ma fille?» s’inquiète-t-elle. 

Alexandra Dubé-Marcil a quitté son emploi lors de la dernière série de journées de grève parce que son supérieur ne l’autorisait pas à faire du télétravail avec un enfant à la maison, notamment. 

Elle a depuis rejoint l’entreprise familiale de lettrage, Créations Lacroix. «Hier, mon fils est venu au travail avec moi. Les autres personnes dans le bureau comprennent la situation», raconte-t-elle, soulagée.

Avec la collaboration de Patrick Bellerose, Journal de Québec, et Vincent Larin, Agence QMI

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