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Le Canada va «d’échec en échec» en environnement

Le Canada est allé «d’échec en échec» depuis 30 ans en matière d’environnement et doit commencer à livrer des résultats plutôt que de se contenter d’énoncer des cibles et des objectifs s’il veut renverser la tendance.

C’est le principal constat qui ressort d’une série de rapports dévoilés jeudi par le commissaire à l’environnement et au développement durable, Jerry V. DeMarco, et que «partage» le ministre de l’Environnement Steven Guilbeault, cependant très critique à l’endroit de son travail.

Malgré le fait que «le Canada a fait certains progrès pour ce qui est de dissocier les émissions de la croissance démographique et du produit intérieur brut», «les émissions de GES [...] ont augmenté depuis la signature de l’Accord de Paris, ce qui fait du Canada le pays avec la pire performance de toutes les nations du G7», a constaté M. DeMarco.

En l’absence de résultats convaincants, les neuf plans, les quatre accords internationaux et les innombrables objectifs au fil des ans font dire au commissaire que l’«épopée» canadienne en environnement n’est pas faite «des plus brillants exploits».

Le ministre Guilbeault a soutenu jeudi que le commissaire dénonçait surtout «l’inaction d’une décennie du gouvernement Harper».

Par ailleurs, le commissaire «reconnait» que les mesures mises de l’avant par les libéraux mèneraient à une réduction de 31 % des émissions à l’horizon 2030, a relevé M. Guilbeault. La cible actuelle 2030 est de 40 % à 45 % de réduction.

Manque de coordination 

Au banc des accusés du commissaire se trouve le manque de «coordination» entre les ministères et agences du gouvernement. M. DeMarco estime que les questions environnementales nécessitent une action plus «centralisée» à Ottawa.

Une «incohérence» nommée Trans Mountain 

C’est ce manque de «coordination» qui a mené le Canada a procéder au rachat du pipeline de Trans Mountain en 2018, dont l’agrandissement doit être complété l’année prochaine.

La décision est un exemple flagrant d’«incohérence» du gouvernement, déplore le commissaire, car il «ne cadre pas avec les engagements pris dans la lutte contre les changements climatiques».

Un programme «mal conçu» 

Autre «incohérence»: le programme côtier et infracôtier du Fonds de réduction des émissions de 675 millions $, mis en place pour aider les entreprises pétrolières pendant la crise sanitaire et la chute du prix du pétrole.

«Mal conçu» par Ressources naturelles, celui-ci a carrément servi de «subvention» à des entreprises sans considérer de lien «entre le financement reçu et la réduction d’émissions nettes», même si le deux tiers des soumissionnaires avaient annoncé leur intention d’augmenter leur production avec l’argent public.

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