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Procès des attentats du 13-Novembre: 4 accusés refusent de se présenter à l'audience

Les parcours de cinq membres de la cellule à l'origine des attentats du 13 novembre 2015, à Paris et en région parisienne, ont été détaillés jeudi au procès en visioconférence par un policier belge, devant un box snobé par quatre des accusés pour protester contre son absence à la barre.

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La justice française continue de juger douze personnes accusées d'avoir participé aux attentats dits du 13-Novembre, menés par un commando se revendiquant du groupe État islamique (EI), et qui ont touché le Stade de France, en banlieue parisienne, avant de prendre la direction des terrasses de cafés et de la salle de spectacles du Bataclan dans l'est parisien, faisant 130 personnes et plus de 350 blessés.

Identifié sous le numéro «446.906.682», l'enquêteur belge évoque jeudi, d'un ton monocorde, depuis Bruxelles Abdelhamid Abaaoud, Bilal Hadfi, Chakib Akrouh, Mohamed Belkaïd et Najim Laachraoui.

Chef opérationnel présumé des attentats du 13 novembre 2015, Abdelhamid Abaaoud est mort le 18 novembre 2015 dans l'assaut de la police contre sa cache de Saint-Denis, en banlieue parisienne, en même temps que Chakib Akrouh. Tous les deux faisaient partie des commandos qui ont attaqué les terrasses parisiennes.

Bilal Hadfi, Belge de 20 ans, était l'un des trois kamikazes du Stade de France. Najim Laachraoui, qui s'est fait exploser à Bruxelles en mars 2016, est considéré comme l'un des artificiers des attentats. Cadre du groupe EI, il avait été geôlier de quatre journalistes français otages en Syrie.

Quant à Mohamed Belkaïd, tué par la police belge en mars 2016, il aurait apporté un soutien logistique aux commandos.

Dans la salle d'audience pendant cette présentation, les bancs du box des accusés sont, pour la première fois depuis l'ouverture du procès le 8 septembre, en partie désertés. Quatre des onze hommes qui comparaissent détenus ont refusé d'y prendre place, y compris le seul membre encore en vie des commandos Salah Abdeslam.

Ils «ont refusé de se rendre dans la salle d'audience pour protester de l'absence des policiers belges», annonce le président Jean-Louis Périès à l'ouverture de l'audience.

Jouer le jeu

«Salah Abdeslam a joué le jeu de l'audience. Il a compris la nécessité de s'y présenter et d'y participer. Mais aujourd'hui, il fait un refus d'extraction, car il y a des choses que l'on peut peiner à comprendre», explique son avocate Olivia Ronen.

«Si l'on constate qu'un enquêteur autrichien se déplace et vient déposer pendant plus de cinq heures (mercredi), on peine à comprendre qu'une décision de votre cour permette que des enquêteurs belges témoignent de manière anonyme et en visioconférence», ajoute-t-elle.

Selon Me Ronen, certains des policiers belges - qui doivent témoigner devant la cour pendant deux semaines environ - se sont exprimés encore récemment, sous leur nom et à visage découvert dans des reportages télévisés consacrés à son client.

Au cours de son témoignage, l'enquêteur a raconté comment, depuis la Syrie, Abdelhamid Abaaoud appelait régulièrement ses copains de Molenbeek, notamment Salah Abdeslam et Mohamed Abrini.

Ce dernier avait dit dans son interrogatoire, selon le policier belge, que «les seuls qui avaient connaissance des cibles (des attentats du 13-Novembre) étaient «Abaaoud et un de ceux du Bataclan».

De Najim Laachraoui, Abrini avait dit qu'il «n'était pas un soldat comme les autres, il était plus élevé, plus proche de la direction», rappelle aussi l'enquêteur.

Bilal Hadfi, dont le visage poupin apparaît à l'écran de la salle d'audience, «ne s'est mis à prier qu'une semaine avant son départ pour la Syrie», a détaillé le policier. 

L'enquêteur fait projeter une photo de Bilal Hadfi en Syrie posant avec une kalachnikov et précise: «Il l'appelait mon bébé».

Tout au long de son exposé, l'enquêteur n'est pas sorti de ses notes provoquant une certaine lassitude des avocats, en répondant presque invariablement: «Je n'ai pas d'autres informations».

«Monsieur l'enquêteur, le principe c'est qu'on a tous lu le dossier», lui fait remarquer un avocat de parties civiles, Me Gérard Chemla. «Si vous vous contentez de nous lire la synthèse, votre présentation perd beaucoup d'intérêt.»

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