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Rapport de la vérificatrice: Fitzgibbon pressé de dévoiler la liste des entreprises qu’il a favorisé

Photo d'archives, Stevens LeBlanc

Pressé par l’opposition de dévoiler la liste des compagnies qui ont pu bénéficier de son pouvoir discrétionnaire pour obtenir de l’aide financière pendant la pandémie même si elles ne respectaient pas les critères, le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, ne bronche pas.

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«Si je me mets à faire ça, les compagnies ne viendront plus voir IQ. [Le processus d’attribution des aides] c’est confidentiel, il n’est pas question qu’on divulgue les noms», a-t-il tranché, jeudi, avant son entrée au Salon bleu.

En chambre, il a reproché à la porte-parole de Québec solidaire en matière d’Économie, Ruba Ghazal, de ne pas comprendre «comment le système fonctionne», juste après que la députée ait accusé le leader parlementaire du gouvernement de faire du «mainsplaining».

«Voici comment fonctionne le système : ce n’est pas le ministère qui décide si on prêtera ou pas. Tous les projets sont arrivés par Investissement Québec (IQ) avec leurs recommandations, aucun projet n’a été pris comme ça, alors tout ça est très transparent», a-t-il affirmé.

Selon lui, le fait que le montant des prêts de plus 25 000 $ et les noms des entreprises bénéficiaires aux programmes d’urgence sont indiqués sur le site internet d’IQ suffit en termes de transparence.

Une liste secrète

La veille, la Vérificatrice générale a dévoilé que l’ancien homme d’affaires avait autorisé pour 68 millions $ en prêts à des entreprises qui ne répondaient pas à tous les critères de sélection des programmes d’aide d’urgence mis en place pendant la pandémie.

Or, la clause lui permettant d’autoriser un prêt même si la compagnie ne répondait pas aux critères n’a pas été dévoilée publiquement, tout comme le nom des entreprises qui ont dû obtenir sa bénédiction n’a pas été révélé.

Ce que les partis d’opposition l’ont pressé de faire, jeudi.

«Il y a des entreprises qui veulent savoir, comment ça fonctionne avec le ministre de l’Économie : est-ce qu’il faut l’appeler sur son cellulaire, fonctionner par courriel, pour ne pas avoir à respecter les critères ?», a ironisé le porte-parole libéral en matière d’Économie, Monsef Derraji.

«L’argent que ce ministre gère, ce n’est pas son argent privé. Il va falloir qu’il change de registre, il ne travaille plus dans le domaine privé», a lancé sa vis-à-vis solidaire, Ruba Ghazal.

«Le bijoutier Birks a eu 10 millions $ du programme PACTE pour passer à travers la pandémie, a souligné le péquiste Pascal Bérubé. Ses difficultés étaient antérieures. L’entreprise est sous contrôle de sa société mère aux Bermudes. Est-ce une des 10 [entreprises] qui ne répondait pas aux critères et qui a quand même reçu?»

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