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La CSN dit «oui» au mandat de grève générale illimitée en CPE

Les quelque 11 000 travailleuses affiliées à la CSN emboîtent le pas et ont aussi voté en faveur d'un mandat de grève générale illimitée à 92,1 % à travers le Québec. Les syndicats menacent d'exercer le mandat dès mercredi prochain.

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Les travailleuses affiliées à la CSN joignent ainsi la position des membres de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec.

En Mauricie et au Centre-du-Québec, les employées se sont dotées du mandat avec 90,3 % des voies, dévoile la présidente du Syndicat régional du Cœur-du-Québec, Suzie Gaillardetz. Selon elle, il est clair que le message envoyé au gouvernement est empreint de solidarité.

«C'est une lutte historique. Elles vont rester debout, elles vont franchir le mur, elles vont soutenir les autres types d'emplois», dit-elle.

Dans la région, 700 travailleuses réparties dans 21 établissements devraient débrayer les rues s'il n'y a pas de changements.

Une première journée de négociations aura lieu mardi prochain. Le syndicat a prévenu, en conférence de presse vendredi, que sans entente, le mandat de grève sera déclenché le lendemain, soit le 1er décembre.

Pendant que les éducatrices spécialisées peuvent bénéficier d'augmentations salariales d'un peu plus de 20 % sur trois ans, le personnel de soutien, lui, se sent laissé de côté. Les syndicats estiment que pour régler leur demande en matière de rattrapage salarial pour ces employés, six millions $ seraient nécessaires.

Équitable?

La vice-présidente de la FSSS-CSN, Lucie Longchamps, s'explique mal le refus de Québec d'octroyer la somme d'argent, considérant la mise à jour économique faite la veille par le ministre des Finances.

«Le ministre des Finances nous dit que ses coffres se regarnissent plus vite. [...] Il donnerait 253 millions $ pour attirer de la main-d'œuvre et il refuse six millions $ pour la retenir», a-t-elle martelé. Selon Mme Longchamps, cette décision n'est rien d'autre que de l'entêtement de la part du gouvernement.

Même si la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, a mentionné faire tous les efforts pour s'entendre avec les syndicats, la menace d'une loi spéciale s'intensifie. Mme LeBel a tout de même évoqué, jeudi, qu'il s'agissait d'un «outil disponible».

Interrogé sur le sujet, François Legault a répondu que le devoir du gouvernement est d'être équitable. «Je ne peux pas croire, quand je regarde les enjeux sur la table, qu'on n'est pas capable de s'entendre. C'est le gros bon sens», a-t-il rétorqué en faisant référence au salaire du personnel du soutien.

Pour sa part, le cabinet de Sonia LeBel ajoute qu'il y a des limites à ce qu'on peut faire avec l'argent des Québécois.

La possible loi spéciale ne plait pas à la représentante du secteur des CPE à la FSSS-CSN, Stéphanie Vachon. Selon elle, forcer les employées à retourner au travail dans les circonstances ne ferait qu'engendrer des nouvelles vagues de départs, d'autant plus que la pénurie de main-d'œuvre se fait sentir dans le milieu. «Ce serait le plus mauvais choix à faire à l'heure actuelle», maintient Mme Vachon.

Après un premier mandat de grève de dix jours, la situation devient plus complexe pour de nombreux parents. Ce nouveau mandat continue à inquiéter.

Au CPE L'Univers de Mamuse et Méduque à Trois-Rivières, certains évoquent qu'il est difficile de concilier le tout avec l'horaire de travail. D'autres se résignent, car ils voyaient déjà venir la situation. Une chose est certaine, c'est que les travailleuses ont l'appui des parents malgré la situation.

En espérant toutefois que les négociations aillent de l'avant mardi prochain, sans quoi des milliers de familles devront se résigner à oublier leur CPE pour une durée indéterminée.

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