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La pénurie de logis frappe en région

DIDIER DEBUSSCHERE/JOURNAL DE QUEBEC

Se sortir de la rue en région est de plus en plus ardu en raison de la crise du logement qui sévit aussi loin des grands centres.

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« La pénurie en Gaspésie nous fait très mal. Tout est soit hors de prix, soit insalubre », constate à regret Dominique Bouchard, directrice générale du Centre Accalmie de Pointe-à-la-Croix. 

Le taux d’occupation des sept lits d’urgence de cette maison d’hébergement est de 90 %.

Là-bas, comme en Abitibi-Témiscamingue, sur la Côte-Nord ou au Saguenay, le milieu de l’itinérance se casse la tête pour aider des sans-abri prêts à trouver un vrai chez-soi.

L’une des barrières, surtout quand le futur locataire reçoit un chèque d’aide sociale d’environ 700 $ par mois, est évidemment le prix des loyers qui augmente sans cesse.

Cher, même en région 

À titre d’exemple, un studio à Sept-Îles coûtait en moyenne 513 $ par mois en 2020, selon une enquête de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL).

À cela s’ajoutent le profilage social et les préjugés dont sont victimes plusieurs personnes qui sortent de la rue. 

Des propriétaires prétexteront que l’appartement est « malheureusement déjà loué » si le futur locataire a un accent, des enfants ou des traits autochtones, soulignent les intervenants avec qui Le Journal s’est entretenu.

Parfois, la réputation des itinérants les empêche carrément de trouver où vivre dans la région, témoigne le directeur de l’organisme Transit Sept-Îles, David Lebœuf. 

« Il y en a qui n’ont plus d’espoir de se placer ici, alors on devient un incubateur à itinérance pour les grands centres », dit-il. 

Partout pareil 

En d’autres occasions, c’est le manque de ressources des organismes qui les oblige à aller voir ailleurs. 

« Si on manque de lits de crise, on doit déplacer les gens de Chicoutimi à Dolbeau. C’est pratiquement à deux heures de route », s’exclame Marie-Michèle Rancourt, porte-parole de la Table de concertation en itinérance de Saguenay. 

Incapables de se payer un loyer avec la crise actuelle, plusieurs vivent une itinérance moins « visible », mais non moins préoccupante. 

« L’été, ils se font des abris de fortune dans le bois » illustre Stéphane Grenier, président de La Piaule de Val-D’Or, en soulignant les risques associés à cette pratique.

Que ce soit à Montréal ou en région, les experts sont d’avis que l’offre actuelle de logements sociaux ne suffit pas à combler les besoins exacerbés par la crise vécue en ce moment. 

« Les organismes ont un paquet de stratégies et font preuve de débrouillardise, mais ça prend plus de logements sociaux avec du soutien communautaire », soutient Catherine Flynn, spécialiste de l’itinérance chez les femmes et professeure à l’Université du Québec à Chicoutimi. 

Des appartements qui se font rares  

Prix moyen d’un studio occupé  

  • Saguenay: 443 $  
  • Sherbrooke: 479 $  
  • Val-d’Or: 486 $  
  • Sept-Îles: 513 $   

Taux d’inoccupation des logements   

  • Saguenay: 2,8 %  
  • Sherbrooke: 1,3 %  
  • Val-d’Or: 0,9 %  
  • Sept-Îles: 5,8 %   

Source : SCHL

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