/news/coronavirus

Un variant Omicron «à la puissance 10»?

L’émergence du variant Omicron a ramené la COVID-19 au statut de crise mondiale et selon la Dre Joanne Liu, la planète s’expose à bien pire si les pays ne collaborent pas davantage.

• À lire aussi: Nouveau variant: des craintes inédites depuis l'avènement du Delta

• À lire aussi: Moderna veut développer une dose de rappel spécifique pour le variant Omicron

• À lire aussi: Variant Omicron: entrée interdite aux étrangers ayant séjourné dans le sud de l’Afrique

En entrevue à l’émission Le Bilan, la professeure spécialiste des urgences pandémiques à l’Université McGill a montré du doigt le manque de solidarité entre les nations comme grand responsable de l’apparition de ce nouveau variant.

«Laisser un virus qui se propage en pleine liberté, chaque fois, c’est qu’on lui donne la chance de faire une mutation qui pourrait échapper à la protection des vaccins qu’on a développés si rapidement et si héroïquement», clame la Dre Joanne Liu.

«C’est important de s’assurer qu’on freine la propagation de la COVID-19 et du nouveau variant, parce que sinon on va avoir un nouveau variant à la puissance 10 de celui qu’on a aujourd’hui», ajoute-t-elle.

Depuis mai dernier, la COVID-19 a provoqué 1,6 million de décès et causé plus de 90 millions de cas. Cette accélération du nombre d’infections et de morts se fait ressentir principalement dans des pays moins riches.

Et selon la Dre Liu, le manque de doses dans plusieurs parties du monde est la principale cause de cette situation.

«Ce n’est pas parce que ça a ralenti chez nous que c’est la même chose ailleurs. Partout ailleurs, notamment dans les pays à faible revenu, les travailleurs de la ligne de front ne sont toujours pas vaccinés», soutient l’ex-présidente internationale de Médecins Sans Frontières (MSF).

Cette dernière estime que les outils pour lutter efficacement contre la COVID-19 existent, mais doivent être déployés à l’échelle mondiale. Elle mentionne la vaccination, mais aussi les dépistages, ainsi que l’isolement et le suivi serré des personnes infectées.

«Est-ce qu’on peut s’assurer que tout le monde va arriver à la ligne de fin de la pandémie de la COVID-19, dans un temps raisonnable et ensemble?», réclame la Dre Joanne Liu.

Propriété intellectuelle   

Et l’un principaux gestes que peuvent faire les pays les plus riches, c’est d’autoriser la levée temporaire des brevets des vaccins, estime la Dre Liu.

Un tel geste permettrait aux pays qui en ont besoin de produire localement des doses afin de freiner plus efficacement le coronavirus et ses variants.

Actuellement, des pays comme le Canada fournissent une troisième dose à une tranche de sa population, alors que dans d’autres parties du monde, 1% des personnes ont reçu une première dose.

La Dre Joanne Liu indique que sans l’éradication mondiale de la COVID-19, celle-ci deviendra endémique, ce qui fera en sorte qu’il faudra produire huit milliards de doses annuellement et que la problématique actuelle d’accès aux vaccins deviendra cyclique.

«Si on ne rend pas autonomes certaines régions pour la fabrication, chaque année, on va se retrouver devant ce déchirement moral», martèle la professeure spécialiste des urgences pandémiques.

Pour voir l’entrevue complète, visionnez la vidéo ci-haut.

Dans la même catégorie

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.