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Coupe Uteck: défaite crève-coeur pour les Carabins

Les joueurs des Carabins de l’Université de Montréal tenaient du bout des doigts leur participation à une deuxième Coupe Vanier de suite, mais ils l’ont échappée aux mains des Huskies de la Saskatchewan dans les dernières secondes du match.

Il ne restait que cinq secondes à écouler à la Coupe Uteck, samedi au CEPSUM, lorsque le porteur de ballon des Huskies Adam Machart a réussi une course de 13 verges jusque dans la zone des buts.

Ce touché décisif concluait avec brio une séquence offensive de 83 verges des visiteurs et leur procurait quelques instants plus tard une victoire de 14 à 10.

Pendant que les Huskies célébraient leur première participation en 15 ans à la finale du football universitaire, chez les Carabins, bon nombre de joueurs étaient en pleurs sur le terrain.

Dur de trouver une façon plus crève-cœur de perdre un match décisif. Surtout que les Bleus ont été les plus dominants dans plusieurs facettes de cette demi-finale canadienne.

«Ça fait mal»

Mais des opportunités ratées les ont empêchés de se creuser une avance plus importante.

«Ça fait mal, c’est sûr, a lancé l’entraîneur-chef des Bleus, Marco Iadeluca, les yeux rougis par l’émotion. Je dois donner le crédit à nos adversaires, quand c’était le moment, ils ont capitalisé, ce que nous n’avons pas été capables de faire.»

Michaël Arpin a notamment connu un après-midi difficile dans le CEPSUM refroidi par les -3 degrés ambiants. Le botteur, pourtant impérial depuis le début de la saison, a raté trois de ses cinq tentatives de placement.

«Au football, il faut profiter de nos chances, mais on ne l’a pas fait tôt dans le match et on ne l’a pas fait plus tard dans la rencontre», a analysé Iadeluca.

«On a raté des placements, on a perdu des verges sur des retours de botté, a-t-il poursuivi. On a fait des erreurs qu’on n’avait pas faites de l’année.»

Dans la défaite, le quart partant des Carabins, Jonathan Sénécal, a une fois de plus montré la puissance de son bras. Il a réussi plusieurs longues passes habilement captées par le receveur Hassane Dosso.

La recrue a été plaquée durement à la fin de la première demie. Après avoir passé un moment au sol, Sénécal s’est relevé et a pu terminer le match, avec des gains de 398 verges et 31 passes complétées en 41 tentatives.

Mais au-delà des passes réussies par leur quart, les Carabins ont échappé plusieurs ballons dans la zone adverse.

Des chances de marquer des touchés qui se sont finalement transformées en simples placements.

Pas le festival attendu

Les Huskies ont été les premiers à s’inscrire au pointage. Les champions de l’Ouest ont raté le placement et ont dû se contenter d’un simple.

Si cette première poussée de la Saskatchewan laissait présager un match offensif, ce fut finalement plutôt tranquille au pointage. Les Carabins ont dû attendre la fin du premier quart pour répliquer grâce à un placement de 25 verges.

Un autre placement, un simple et un touché de sûreté ont permis aux Bleus de prendre les devants par huit points avec 15 minutes à jouer.

Cette avance s’est toutefois vite avérée plutôt mince. Dès le début de l’ultime quart, la troupe de l’ex-Alouette Scott Flory a inscrit le premier touché de la rencontre, grâce à une passe de neuf verges de Mason Nyhus à Machart.

Les Huskies ont raté la conversion de deux points, mais Arpin, lui, a plus tard manqué sa tentative de placement sur 37 verges.

Si bien que les Carabins ne menaient que par trois points lorsque les visiteurs ont repris le ballon avec 1:55 à faire, pour leur poussée décisive.

«Oh ! mon dieu que les Carabins ont été difficiles à battre, a louangé Flory. C’est tellement une bonne équipe de football, qui compte sur d’excellents entraîneurs en Marco [Iadeluca] et Anthony [Calvillo].»

«C’est tout à leur honneur, a admis, malgré la déception, le quart substitut Dimitri Morand. C’est une excellente équipe. Machart et Nyhus se sont vraiment levés en fin de match, ils ont fait des gros jeux.»

– Avec la collaboration de l’Agence QMI, Philippe Asselin

Le revers qui fait le plus mal

Rares sont les défaites plus douloureuses que celles qui risquent de sonner le glas d’une carrière. Le vétéran des Carabins Philippe Lemieux-Cardinal peinait à décrire les émotions qui l’habitaient après cette défaite in extremis aux mains des Huskies.

En pleurs, le joueur de ligne défensive a longuement serré ses coéquipiers dans ses bras une fois la rencontre terminée.

Des montagnes russes

La veille, Lemieux-Cardinal avait dit être conscient que la Coupe Uteck pourrait constituer l’ultime match de son parcours universitaire, même s’il ne savait pas encore ce que l’avenir lui réservait.

«Ce sont des montagnes russes d’émotions, a confié le joueur de ligne par excellence du RSEQ, la voix tremblotante. C’est de la nostalgie, de la tristesse, de la déception compte tenu de la façon dont ça s’est terminé.»

«Mais je suis aussi très heureux et très fier d’avoir partagé ces moments-là et ce terrain-là avec mes coéquipiers pendant toutes ces années, a-t-il ajouté. Je suis fier du groupe de joueurs et d’entraîneurs qui formaient les Carabins cette saison.»

En tant que joueur de ligne défensive, Lemieux-Cardinal était sur le terrain lors de la poussée victorieuse des Huskies. Quelques minutes après la défaite, il s’expliquait mal ce qui s’était passé.

«C’est une équipe qui aime courir avec le ballon, alors ils sont restés avec leur plan de match, a-t-il évoqué. Ils ont trouvé une faille dans notre défensive. Il faut leur donner le crédit, ils sont restés concentrés, ils ont continué à faire avancer le ballon.»

Au fil de son passage chez les Bleus, le vétéran a connu des revers douloureux. Des défaites contre le Rouge et Or de l’Université Laval à la Coupe Dunsmore, et un revers à la Coupe Vanier, il y a deux ans.

Mais rien ne semblait se comparer à la douleur ressentie samedi, alors que la victoire semblait si proche.

«On dirait que je ne le réalise pas encore. Mais je pense que c’est la défaite qui me fait le plus mal», a pointé le joueur de quatrième année.

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